Franck Leroy élu président de la région Grand Est après la démission de Jean Rottner

Franck Leroy lors de son élection à la tête de la région Grand Est ce 13 janvier, après la démission de Jean Rottner.
JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP Franck Leroy lors de son élection à la tête de la région Grand Est ce 13 janvier, après la démission de Jean Rottner.

Ce centriste, proche du parti Horizons, occupait déjà la présidence par intérim après la démission de Jean Rottner, parti dans le privé.

POLITIQUE - Le centriste Franck Leroy, soutien d’Emmanuel Macron, a succédé ce vendredi 13 janvier à la présidence de la région Grand Est au LR Jean Rottner, démissionnaire fin décembre, s’affichant d’emblée comme un adversaire des « extrémismes » et des « dérives populistes ».

Franck Leroy, 60 ans, a récolté 96 voix contre 34 pour l’autre candidat, le RN Laurent Jacobelli. Il a aussitôt annoncé qu’il quittait son poste de maire d’Épernay (Marne), qu’il occupait depuis 2000. Au total, 169 votants ont pris part au scrutin, qui a compté 38 bulletins nuls et un blanc.

Franck Leroy a assuré que son mandat serait celui du « changement dans la continuité », saluant au passage son prédécesseur, Jean Rottner : « la majorité régionale a un mandat. Ce mandat, il est issu des élections régionales du printemps 2021. Il sera respecté », a-t-il déclaré dans son discours après son élection, qui lui a valu une standing ovation de la part de la majorité.

Proche d’Horizons

« J’irai jusqu’au bout du mandat », a-t-il assuré lors d’un point presse durant lequel il a évoqué sa priorité « absolue » : « aller à la rencontre des agents de la région » et prendre des mesures pour « celles et ceux qui souffrent » de la crise énergétique. Auparavant, dans l’hémicycle, il avait annoncé une enveloppe de 20 millions d’euros à destination des « boulangers, artisans, restaurateurs et commerçants de proximité », qui « croulent sous des factures d’électricité et de gaz toujours plus lourdes ».

Ce centriste était le premier vice-président de la région et occupait l’intérim depuis le départ de Jean Rottner. Âgé de 60 ans, il est marié et père de trois enfants. Diplômé en droit et de Sciences Po Paris, il a commencé sa carrière comme adjoint au directeur général des services de l’ancienne région Champagne-Ardenne.

En 2000, il devient maire d’Épernay à la suite de Bernard Stasi, dont il était devenu l’adjoint. Membre d’Horizons, la formation de l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron Édouard Philippe, il n’a pas renouvelé son adhésion pour « rassurer » certains élus de sa majorité.

Franck Leroy s’affiche comme un opposant déterminé à l’extrême droite, et se pose en défenseur du tissu économique régional. « Je combattrai avec force tous les extrémismes et les dérives populistes qui fragilisent notre démocratie », a-t-il d’ailleurs lancé dans son discours après son élection.

Son adversaire Laurent Jacobelli, porte-parole du RN et député de la Moselle, lui a présenté ses « félicitations républicaines » tout en le prévenant : « vous êtes un président sous surveillance ».

Alors que la fusion au sein du Grand Est des anciennes régions Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne est régulièrement contestée, il refuse la proposition de loi rédigée par 10 députés de droite et du centre pour un retour à une région Alsace de plein exercice. « L’immense majorité des acteurs, même en Alsace, considère que les enjeux sont ailleurs et que le périmètre de notre région n’est plus un sujet » et que le réduire « serait une régression », a-t-il ainsi déclaré vendredi.

Rottner passe dans le privé

Le 20 décembre, Jean Rottner (LR) avait annoncé qu’il quittait la vie publique et se retirait de « l’ensemble de (ses) mandats » en raison « d’impératifs familiaux ». Quelques jours après, il avait annoncé rejoindre le cabinet de conseil et promoteur immobilier Réalités.

Cotée en Bourse, cette société se présente comme « un groupe de développement territorial », menant des projets immobiliers comme l’extension du stade Bauer à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), avec la Banque des territoires, ou l’aménagement d’un nouveau quartier à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Ce recrutement a provoqué de vives réactions de la part des élus du conseil régional, certains pointant un risque de conflit d’intérêts, d’autres y voyant une atteinte à la ligne politique de la région et à la sincérité du scrutin régional de juin 2021.

La presse locale a également révélé que Jean Rottner occupait un poste de consultant d’octobre 2019 à mars 2022, pour un cabinet de chasseurs de têtes dont la région Grand Est était également cliente. Une plainte contre X a été déposée auprès du parquet national financier (PNF) dans ce cadre par l’association AC!! Anticorruption.

Lors d’un point presse, Franck Leroy a assuré « ne pas avoir connaissance des activités » de consultant de son prédécesseur avant les révélations des médias. « Je connais (sa) probité (...), je n’ai aucun doute sur ses valeurs morales et son honnêteté », a-t-il ajouté.

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