Francis Heaulme : «Montigny, c’est pas moi»

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Les portes jaunes d’un ascenseur s’ouvrent sur une longue silhouette aux cheveux blancs et aux épaules un peu voûtées. La scène serait confondante de banalité si elle ne survenait pas dans une cour d’assises devant des dizaines de caméras, si celui qui quittait cette cage pour une autre - le box des accusés - n’avait pas inscrit son nom dans la mythologie judiciaire.

C’est ainsi que, ce mardi matin, Francis Heaulme est apparu. Ses traits sont désormais bien connus (avec huit condamnations, l’accusé n’est guère un novice des prétoires) : son menton en galoche, sa bouche fine qui s’étire en ligne droite, ses yeux noirs enfoncés. «Le Routard du crime» ressemble à un vieillard fatigué. Agé de 58 ans, il en paraît vingt de plus. Il reste assis, les bras croisés, le regard figé. Puis, à l’invitation du président, Gabriel Steffanus, il décline son identité, murmure un «sans profession» puis se rassoit. Visage appuyé sur le poing, il écoute son avocate, Me Liliane Glock s’insurger contre un «procès inéquitable», pester contre la destruction des scellés ou s’emporter contre la trop grande place accordée à la «carrière» de son client.

Francis Heaulme ne cille pas davantage lorsque le président reprend l’acte d’accusation, résumant trente ans de procédure ou plutôt d’errements judiciaires. Gabriel Steffanus entame d’une voix grave : «Cela s’est passé le 28 septembre 1986, un de ces dimanches ensoleillés que l’on apprécie dans ces jours d’automne.» La suite est connue : Cyril Bening et Alexandre Beckrich, 8 ans, seront retrouvés le crâne fracassé sur un talus de la SNCF à Montigny-lès-Metz.

Dans cette affaire, depuis trente ans, un coupable en chasse un autre. Pendant de longues années, c’est le visage de Patrick Dils, un adolescent de 16 ans, qui a été associé au crime. Ses aveux réitérés puis rétractés lui ont valu quinze ans de prison avant qu’il ne soit innocenté à l’issue d’un procès en révision en 2002. Le jeune homme ne doit son salut qu’à l’apparition de Francis Heaulme (...)

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