Francis Heaulme face à ses ex-collègues

Libération.fr

Il n’est resté qu’un mois dans l’entreprise de maçonnerie, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que son passage a marqué les esprits. Vendredi, les salariés de CTBE, à Montigny-lès-Metz, se sont relayés à la barre de la cour d’assises de la Moselle pour parler de leur ancien collègue, Francis Heaulme, assis dans le box des accusés.

Embauché le 7 septembre 1986, il est affecté à Verdun pour des travaux de toiture nécessaires à l’agrandissement d’un supermarché Cora. On l’aurait recruté «par pitié», ou piston, car le patron connaissait sa grand-mère. Jean, l’ancien responsable de chantier, expose la situation d’une voix grave et rocailleuse : «Francis devait pas monter en haut. Je sais pas pourquoi ils l’ont embauché si c’est pour rien faire.» La nouvelle recrue de CTBE, souvent éméchée, est en effet cantonnée au sol sur ordre du patron. «Moi, j’étais en haut, je savais pas ce qu’il faisait en bas», insiste le témoin. «Comment était-il dans sa tête ?» interroge le président, Gabriel Steffanus. «Ben, les premiers jours, normal. Après, je vais pas le regretter…»

Francis Heaulme, qui arrive tous les jours sur son vélo rose de marque Mercier - «c’était pas le vélo de Poulidor», estime Jean - se fait très vite remarquer : il boit à outrance, se livre à des scènes d’exhibition sexuelle, tient des propos déviants, se coupe le pied avec une hache, jette des tuiles sur les clients…

«Personne n’avait trop envie de travailler avec lui», résume Marc, un autre responsable de chantier de CTBE, cheveux blanc et petites lunettes. Jusqu’à l’incident final : «Il a volé une bouteille de whisky dans le magasin.» «Il était ivre mort ?» demande le président. «Tout à fait», acquiesce le témoin.

La suite se passe dans le bureau de Marjorie, la comptable de l’entreprise. Devant les jurés, la femme blonde de 52 ans se souvient : «Je l’ai convoqué pour lui signifier son licenciement. Ça ne lui a pas plu. Il m’a agressée et plaquée contre le mur. J’ai crié et le chef d’équipe est intervenu.» (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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