La France va séquencer le génome de milliers d'espèces marines pour mieux les protéger

AFP/Archives - Fred TANNEAU

La France, qui possède le deuxième domaine maritime mondial, va séquencer le génome de milliers d'espèces peuplant ses eaux métropolitaines et d'outre-mer, afin d'élaborer une "cartographie génétique" de sa biodiversité marine, outil-clé pour mieux la préserver.

Sur huit ans, 4.500 espèces végétales et animales seront décryptées dans le cadre du programme baptisé ATLASea, copiloté par le CNRS et le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et financé à hauteur de 41 millions d'euros, a annoncé jeudi 12 janvier 2023 le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

"On va avoir une vision de l'ensemble des grands groupes qui constituent la biodiversité marine"

Les spécimens de poissons, mammifères, algues, organismes unicellulaires... vont être récoltés à partir du deuxième semestre 2023, à pied sur le littoral et au cours d'expéditions au large et en profondeur. Depuis sept principaux sites en métropole (dont La Rochelle, Roscoff et Banyuls) et quatre en Outre-mer (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Antilles et Mayotte), avec la participation du célèbre navire Tara. Si la plupart des espèces ciblées sont déjà connues, quelques-unes pourraient être découvertes lors des expéditions.

Avec 4.500 espèces captées, sur les 12.000 environ recensées en zone métropolitaine, "on va avoir une vision de l'ensemble des grands groupes qui constituent la biodiversité marine", dit à l'AFP Patrick Wincker, codirecteur d'ATLASea. Les échantillons prélevés seront congelés puis transférés au Genoscope d'Evry, doté de nouvelles machines.

L'équipement permettra "d'extraire des longues chaînes d'ADN avant de reconstituer la totalité de la séquence du génome", en utilisant l'informatique, détaille Hugues Roest Crollius, directeur du programme pour le CNRS, sur le site de l'organisme public. Objectif : "Etablir des séquences de génome de référence", c'est-à-dire complets, ajoute Patrick Wincker qui dirige le Genoscope.

70 millions de gènes stockés dans une base de données

Le programme table sur 70 millions de gènes. Ils seront stockés dans une base de données qui permettra de retracer l'évolution des processus biologiques, mais aussi de comparer les variations génétiques. "On va ainsi connaître le niveau de diversité génétique des esp[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi