La France va aider le Soudan en transition en lui prêtant 1,5 milliard de dollars

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La France va accorder un prêt relais de 1,5 milliard de dollars (1,23 milliard d'euros) au
Soudan pour aider le pays à faire face à ses dettes vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI).
 

La France s'est engagée, lundi 17 mai, à aider le nouveau Soudan démocratique à alléger le fardeau de sa dette pour lui permettre de réintégrer les circuits financiers internationaux et attirer des investisseurs, en amont d'une conférence internationale des bailleurs à Paris.

Le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire, en a fait l'annonce : Paris va prêter 1,5 milliard de dollars au Soudan, sous la forme d'un prêt-relais, pour lui permettre de couvrir ses arriérés vis-à-vis du Fonds monétaire international.

Le président Emmanuel Macron confirmera cet engagement financier de la France lors de la "Conférence internationale d'appui à la transition soudanaise" qui se tient à partir de lundi après-midi dans la capitale française, à la veille d'un sommet sur la relance de l'économie en Afrique.

Le président français en avait fait la promesse au Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, lors de sa visite en France en septembre 2019, six mois après la révolution qui avait chassé du pouvoir Omar el-Béchir et mis fin à trente ans d'un règne sans partage.

"Bonne décision, au bon moment. C'est au Soudan maintenant et à la communauté internationale de montrer que le nouveau Soudan est une opportunité pour les investisseurs et non plus un cas désespéré. L'ONU est prête à apporter son soutien", a tweeté Volker Perthes, l'envoyé spécial pour le Soudan.

"La France a été un des premiers pays à se mobiliser et à soutenir l'expérience de la transition soudanaise" qu'elle considère "comme un exemple de transition démocratique en Afrique", a expliqué une source proche de l'Élysée. "L'enjeu de ce sommet, ce sera de réunir la communauté internationale autour du Soudan et d'amorcer le traitement de la dette multilatérale du Soudan", a-t-on ajouté de même source.

Dette extérieure de 60 milliards de dollars

Ce pays riche en ressources pétrolières et minières croule sous une dette extérieure de 60 milliards de dollars (plus de 49 milliards d'euros). La pandémie de Covid-19 a frappé une économie en récession depuis trois ans, à l'inflation galopante et qui souffre de pénuries graves de biens de première nécessité.

Économiste chevronné, le Premier ministre Abdallah Hamdok a déjà apuré la dette avec la Banque mondiale grâce à une aide de 1,15 milliard de dollars des États-Unis, qui ont retiré en décembre le Soudan de la liste des États finançant le terrorisme, mettant ainsi fin aux sanctions économiques qui le maintenaient au ban de la communauté internationale.

Et Khartoum a annoncé début mai avoir obtenu un prêt de 425 millions de dollars financé par la Suède, le Royaume-Uni et l'Irlande pour solder ses arriérés auprès de la Banque africaine de développement (Bad).

Reste le sujet de la dette bilatérale. Une séance de travail est prévue dans l'après-midi pour "avancer vers la remise de dette du Soudan" auprès du Club de Paris, son plus important créancier à hauteur de 38 %. La restructuration de la dette, en rétablissant la confiance, pourrait ouvrir la voie à des investissements étrangers.

"Nous sommes très impressionnés par ce que vous avez fait", a déclaré le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui a promis la visite d'une délégation de patrons français dans les 12 à 18 mois à venir, en ouvrant lundi matin le Forum des affaires France-Soudan organisé par l'organisation patronale française.

Parmi les secteurs stratégiques susceptibles d'attirer les investisseurs, il a cité les infrastructures, l'agriculture, l'énergie, les minéraux ou encore les communications.

"Nous nous occupons de la dette. Vous pouvez investir dans ce pays. Il n'y a pas de raison de ne pas investir au Soudan maintenant", a conclu Bruno Le Maire.

Avec AFP et Reuters

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