France-Turquie : entre Erdogan et Macron, un dialogue de sourds de près de quatre ans

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Il était à peine arrivé à l'Élysée que la Turquie était déjà un dossier sur son bureau. Élu le 7 mai 2017 président de la République, ­Emmanuel ­Macron est ­confronté au cas d'un journaliste français, ­Mathias ­Depardon, arrêté le lendemain dans la région kurde de Batman et très vite accusé de propagande "terroriste" au profit du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Le 25 mai, en marge de son premier sommet de l'Otan, à Bruxelles, le chef de l'État demande à ­Recep Tayyip ­Erdogan de le libérer. Deux jours plus tard, au sommet du G7 à Taormine (Sicile), ­Emmanuel ­Macron nous ­confie : "Le président turc, comme ­Donald Trump et le président russe, sont dans une logique de rapport de force, ce qui ne me dérange pas. Je ne crois pas à la diplomatie de l'invective publique mais, dans mes dialogues bilatéraux, je ne laisse rien passer, c'est comme cela qu'on se fait respecter."

Le 3 juin, il rappelle le président turc et renouvelle son exigence. Le 9 juin, ­Mathias ­Depardon est expulsé vers la France. Rapport de force? Un mois plus tard, c'est un autre journaliste français, Loup ­Bureau, qui est arrêté en Turquie. Même réactivité, même pression, même résultat, le jeune reporter est finalement libéré en septembre. Depuis, les crises se sont enchaînées : Syrie, Libye, Méditerranée, Caucase… La France tente à chaque fois de raisonner le maître turc.

Erdogan, un "provocateur" et un "sanguin"

Mais chaque vendredi, à l'issue de la prière, ­Erdogan se déchaîne contre la France, l...


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