En France, un sentiment d’affection “presque universel” pour Élisabeth II

Photo CHRISTIAN HARTMANN / AFP

La France a beau être une république, les Français – malgré leur passé révolutionnaire – n’ont pas cessé de montrer “une affection et une estime sincères” pour la souveraine britannique, souligne Adam Sage dans le Times, un journal dont il est correspondant à Paris depuis plus de trente ans.

Du président Macron, “qui a prononcé un discours en anglais pour évoquer le ‘sentiment de vide’ laissé par la mort de la reine”, jusqu’à la factrice qui lui apporte le Times à Paris – qui a tenu à témoigner de son admiration “au risque de prendre du retard dans sa tournée”, le journaliste note que le sentiment d’affection “était presque universel” en France vendredi 9 septembre au lendemain du décès d’Élisabeth II.

“Même Libération, habituellement à l’avant-garde de l’antimonarchiste, a adopté un ton particulièrement respectueux en soulignant que la reine entretenait avec la France une relation solide.”

Adam Sage rappelle qu’Élisabeth II a effectué au total cinq visites d’État en France, mais qu’elle est venue plus souvent pour participer à des manifestations officielles ou pour assouvir sa passion pour les chevaux en visitant quelques élevages réputés, notamment en Normandie.

L’incident diplomatique frôlé à deux reprises

Alors qu’elle n’était encore que princesse, elle avait traversé la Manche en 1948 pour l’inauguration d’une exposition sur “Huit siècles de vie britannique à Paris”, surprenant ses interlocuteurs par sa maîtrise parfaite de la langue française.

En 1957, sa visite d’État avait été particulièrement appréciée dans un moment de tensions entre les deux pays à la suite de la crise de Suez : Élisabeth II n’avait pas hésité à qualifier l’amitié franco-britannique de “profonde et durable”.

L’incident diplomatique avait en revanche été évité de justesse lors de deux autres visites officielles. En 1972, le président Pompidou avait enfreint le protocole en lui saisissant soudain le bras sur les marches de l’Élysée. La reine ne s’en était pas formalisée. En 1996, c’est Jacques Chirac qui avait porté un nouveau coup au protocole lors d’une visite officielle à Londres en envoyant des baisers à la foule alors qu’il était au côté de la souveraine dans la voiture royale. Élisabeth II s’était contenté de trouver le geste “just a bit surprising” (“ juste un peu étonnant”).

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :