France: quelle sélection des élèves pour la reprise des cours?

En France, la reprise de la scolarité en primaire s'étale jusqu'à jeudi selon les villes. Pour répondre aux mesures d'hygiène, tous les élèves ne peuvent pas retourner en classe malgré le souhait des parents. Les directeurs et directrices des écoles ont dû désigner les enfants prioritaires. Témoignage d'un directeur d'une école élémentaire d'un quartier populaire du Nord de Paris, placée en Réseau prioritaire d'éducation (REP).

Sur les 250 élèves inscrits dans cette école, seulement 50 pourront être accueillis à partir de ce jeudi. Au-delà, impossible d'appliquer les nouvelles règles de circulation, d'adapter la cantine et les temps de récréation.

Pour faire la sélection, ce directeur, qui répond de façon anonyme à RFI, a dû suivre une directive établie par le rectorat et la mairie de Paris.

Il a fallu prendre en compte « à la fois la profession des parents et par ailleurs tous les enfants en difficulté scolaire, ceux qu’on n’a pas réussi à contacter pendant ce mois et demi du confinement », précise le responsable.

Chaque enseignant avait repéré 2 à 3 élèves en grande difficulté dans leur classe. Certains hébergés en hôtels sociaux, privés d'ordinateur. Mais tous ne pourront pas reprendre le chemin de l'école. C'est surtout le métier de leurs parents qui est déterminant.

« Le but de ce redémarrage, c’est que la société se remette en route petit à petit et effectivement les enfants d'une personne qui travaille à la SNCF, à la RATP, les enseignants, les pompiers, les policiers sont absolument prioritaires », ajoute-t-il.

À lire aussi : Déconfinement en France: les écoles rouvrent très partiellement

200 enfants poursuivront donc l'école à distance. La moitié des instituteurs s'en occuperont. Certains parents vont donc se retrouver dans des situations très complexes. Le directeur en a bien conscience.

« C’est difficile à entendre quand votre entreprise ou votre parton vous dit : " il faut que tu reviennes travailler ". Ben oui, mais nous on ne peut pas reprendre tout le monde », dit-il.

Un point d'étape sera réalisé le 25 mai, l'école pourra peut-être alors ouvrir d'avantage ses portes.

■ La galère des parents sans école

À Paris, c'est jeudi qu'une partie des élèves retrouveront leurs classes. Si dans certains établissements les élèves se font rares, – les parents ayant peur pour leur santé et les moyens de les garder à la maison –, dans d'autres, cette limitation provoque des frustrations et des situations complexes. Lise et son mari ne remplissaient pas les critères de sélection, alors qu'elle dirige une crèche. Leur fils Hyppolite, 7 ans, ne va donc pas pouvoir retourner en classe de CP.