La France et la Russie insistent sur "la nécessité de mettre fin aux combats" au Haut-Karabakh

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Lors d'un entretien téléphonique, les présidents français et russe, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, ont insisté sur la nécessité "de mettre fin aux combats" au Haut-Karabakh.

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Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ont une nouvelle fois insisté samedi 7 novembre lors d'un entretien téléphonique sur "la nécessité de mettre fin aux combats" au Haut-Karabakh, encore théâtre de violents affrontements entre troupes azerbaïdjanaises et soldats de la république sécessionniste, a indiqué la présidence française.

Les présidents français et russe "ont échangé en détail sur la crise du Haut-Karabakh et ont convenu de la nécessité de mettre fin aux combats, afin de permettre le retour à des négociations sur une base réaliste", a précisé l'Élysée, rappelant que l'objectif principal consistait à "assurer le maintien des populations arméniennes sur cette terre et la fin des souffrances pour les populations civiles".

L'Arménie a rapporté samedi que de nouveaux "violents combats" opposaient les troupes azerbaïdjanaises aux soldats de la république sécessionniste du Haut-Karabakh, région majoritairement peuplée d'Arméniens, de l'Azerbaïdjan.

La prise de Choucha contestée par Erevan

Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a par ailleurs annoncé dimanche la prise de la deuxième ville du Haut-Karabakh, Choucha, une déclaration démentie par des responsables arméniens.

"(Ce jour) est devenu un grand jour dans l'histoire de l'Azerbaïdjan", a déclaré Ilham Aliev en annonçant la prise de la ville, nommée Chouchi par les Arméniens. À Bakou, des habitants se sont rassemblés en grand nombre en agitant des drapeaux, en scandant des slogans, dans un concert d'avertisseurs sonores.

Le ministère de la Défense de l'enclave a dit avoir repoussé plusieurs assauts des forces azerbaïdjanaises visant à progresser vers la ville. Située à 15 kilomètres de Stepanakert, la plus grande ville de l'enclave, Choucha pourrait servir de tremplin en vue d'une offensive de Bakou vers Stepanakert, également la cible d'intenses bombardements.

"Chouchi reste un rêve fou et inaccessible pour l'Azerbaïdjan. Malgré de grandes destructions, la ville forteresse résiste aux coups de l'ennemi", a déclaré le service de secours du Haut-Karabakh.

Dans un communiqué publié samedi, le ministère des Affaires étrangères français avait exprimé "sa très forte préoccupation concernant l'offensive militaire en cours en direction de la ville de Chouchi".

"La poursuite de bombardements contre des centres urbains est inacceptable au regard des risques de victimes civiles", a ajouté le texte. "Nous attendons que les parties reviennent sans délai à la mise en œuvre de leurs engagements de cessez-le-feu humanitaire pris à plusieurs reprises devant les coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE, et une nouvelle fois le 31 octobre à Genève", poursuit le communiqué.

Depuis la reprise le 27 septembre des combats, qui ont fait plus de 1 250 morts, les forces azerbaïdjanaises ont regagné d'importantes portions de territoires au sud de la région. Trois tentatives de trêve humanitaire négociées respectivement sous l'égide de la Russie, de la France et des États-Unis, ont volé en éclats. La Russie est liée à Erevan par un traité de sécurité collective, mais a affirmé par le passé qu'il ne s'étendait pas au Haut-Karabakh.

Le Donbass également évoqué

Selon la présidence française, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ont également abordé samedi le Donbass, l'est rebelle prorusse de l'Ukraine, pour se féliciter du cessez-le-feu en place depuis le 27 juillet, "ce qui représente un résultat concret du travail mené par le format de Normandie", la configuration diplomatique rassemblent Russie, Ukraine, Allemagne et France.

"Le président de la République a dit sa détermination à poursuivre les efforts de négociation dans ce cadre et a appelé le président Poutine à soutenir cet objectif", a ajouté la présidence française.

Emmanuel Macron s'était déjà entretenu jeudi avec le président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky, au sujet des mesures à prendre sur le terrain afin de poursuivre la mise en œuvre des décisions prises en décembre 2019 lors du sommet de Paris.

Élu en avril 2019 à la présidence, Volodymyr Zelensky affiche son ambition de mettre fin à cette guerre qui a débuté en 2014 et fait plus de 13 000 morts et environ 1,5 million de déplacés en six ans.

Avec AFP et Reuters