France: RTE recommande une vigilance du système électrique jusqu'en 2024

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FRANCE: RTE RECOMMANDE UNE VIGILANCE DU SYSTÈME ÉLECTRIQUE JUSQU'EN 2024

PARIS (Reuters) - Le gestionnaire des lignes à haute tension en France RTE recommande une vigilance particulière sur l'approvisionnement pour les trois prochains hivers dans ses perspectives d’évolution du système électrique de 2021 à 2030 publiées mercredi.

Le Réseau de transport d'électricité juge cette vigilance nécessaire en raison de la crise sanitaire qui a eu un impact sur le parc nucléaire français, conduisant notamment à des décalages de travaux de maintenance des réacteurs d'EDF. Il note aussi des retards accumulés sur les nouveaux moyens de production des énergies renouvelables, principalement le solaire et l'éolien en mer.

"L’hiver 2021-2022 présente un profil similaire à celui de l’hiver passé et sera placé sous 'vigilance particulière'", écrit RTE dans un communiqué.

RTE avait aussi exprimé en septembre 2020 une vigilance pour l'hiver 2020-2021.

Pour le gestionnaire, le système électrique ne retrouvera des marges d’exploitation acceptables, sans toutefois être confortables, qu'à partir de 2024-2026.

"La mise en service de l’EPR de Flamanville, des parcs offshore et des énergies renouvelables terrestres, ainsi que le développement de l’effacement de consommation et des interconnexions contribueront à cette amélioration", indique RTE.

De 2026 à 2030, le gestionnaire prévoit une nette amélioration des marges et du niveau de sécurité des approvisionnements par rapport à la situation actuelle, ce qui permettrait au système français de faire face à d'éventuels aléas climatiques ou industriels.

Pour RTE, il est important de retrouver des marges pour pouvoir accompagner la transformation du mix électrique.

Le gestionnaire préconise pour cela d'accroître l’effort sur le développement des énergies renouvelables, de poursuivre les actions déjà engagées pour augmenter la disponibilité du parc nucléaire, de conserver en activité les moyens de production bas-carbone dont la fermeture pouvait être envisagée d’ici à 2026 et d'accélérer le développement des flexibilités sur la demande d’électricité.

Pour 2030, RTE anticipe par ailleurs une hausse modérée de la consommation d'électricité, d'environ 5% par rapport à 2019, liée en particulier au développement des véhicules électriques. Le gestionnaire s'attend toutefois à une baisse de 3 gigawatts (GW) de la consommation pendant la période hivernale grâce à une hausse de l'efficacité énergétique des équipements.

BAISSE DE 43% DES ÉMISSIONS DE CO2 D'ICI 2030

Concernant les émissions de CO2, RTE estime qu'elles devraient diminuer à cette échéance de 30 à 40 millions de tonnes par an, grâce notamment au remplacement des énergies fossiles par l’électricité dans le secteur des transports, de l’industrie et du bâtiment.

Cela permettra à la France de réduire ses émissions de carbone de 43% par rapport au niveau de 1990 et d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, souligne RTE.

La Commission européenne souhaite d'ici 2030 une baisse des émissions de 55% par rapport au niveau de 1990 et le Parlement européen une diminution de 60%. Un compromis sur le sujet est attendu fin avril.

La part du nucléaire dans la production de l'électricité en France destinée à l'approvisionnement national devrait tomber à 50% d'ici 2035, contre environ 70% actuellement, douze réacteurs devant fermer.

Les premiers parcs d'éolien offshore en France devraient entrer en service entre 2022 et 2025, ce qui permettra de doubler la capacité de la production éolienne à 34 GW d'ici 2028.

Les capacités d'énergie photovoltaïque vont pour leur part quadrupler à 40 GW sur la même période, a indiqué RTE.

(Claude Chendjou avec Forrest Crellin, édité par Blandine Hénault)