En France, la réforme des retraites se jouera dans la rue

BERTRAND GUAY / AFP

“Réforme des retraites en France : à peine présentée, déjà conspuée”, titre le journal belge Le Soir après la présentation officielle du gouvernement français, ce 10 janvier. “Les réactions à la présentation d’Elisabeth Borne n’auront fait que le confirmer : la colère enfle du côté de l’Hexagone”, écrit le quotidien. Pourtant, “la réforme, hautement impopulaire, pourrait être votée grâce au soutien de la droite”.

“Cette réforme va frapper de plein fouet l’ensemble des travailleurs et travailleuses”, ont notamment réagi les syndicats mardi, appelant à une première journée de mobilisation intersyndicale le 19 janvier.

Deux millions de petites retraites relevées

C’est un “petit bonus” sur lequel titre pour sa part Le Temps, en Suisse. Il y a d’un côté les “annonces impopulaires” : l’âge légal de départ, reporté à 64 ans (“et non 65 ans comme annoncé à l’origine”) ; l’allongement accéléré de la durée de cotisation, 43 ans dès 2027. Mais elles “vont de pair avec des mesures de ‘justice sociale’, censées équilibrer cette réforme et fissurer le front de la révolte, explique le journal. Le gouvernement veut que les retraités partent avec ‘une meilleure retraite’ ainsi que marquer la différence entre les métiers en termes de pénibilité et de longueur des carrières.”

Le quotidien met surtout l’accent sur le relèvement du minimum de pension à 85 % du smic (environ 1200 euros net par mois) pour une carrière complète. “Cela concernera non seulement les futurs retraités mais aussi, et c’est là une semi-surprise, ceux d’aujourd’hui, souligne Le Temps. Deux millions de petites retraites actuelles sont concernées. Ce point est la deuxième clé du compromis avec Les Républicains […] avec les 64 ans, Élisabeth Borne l’a souligné et LR a immédiatement réagi positivement.”

“Autant le dire clairement, écrit 24 Heures, à Lausanne, dans un éditorial : vu de Suisse, la réforme des retraites […] semble raisonnable et relativement équilibrée. Il ne s’agit pas de peindre le diable sur la muraille, car le système français par répartition n’est pas au bord de la faillite, mais cette réforme est nécessaire pour en garantir la solidité à long terme.”

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