France: le Premier ministre prépare des règles sur le temps long contre le Covid-19

·4 min de lecture

Le Premier ministre français Jean Castex détaille ce samedi 14 novembre les règles mises en place dans le pays pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, jusqu'à l'arrivée d'un vaccin efficace. Les restrictions pourraient durer jusqu'à l'été.

Il va falloir « vivre avec le virus sur le temps long » : le Premier ministre français Jean Castex travaille à des « règles » pour le pays jusqu'à l'arrivée d'un vaccin contre le nouveau coronavirus, indique-t-il au quotidien françaisLe Monde de ce samedi.

Pas de réouverture pour les bars et les restaurants

« Tant que nous n'aurons pas de vaccin, nous devons donner des perspectives sur les règles du jeu », déclare Jean Castex, qui a présenté jeudi la stratégie jusque fin 2020 mais planche aussi sur la période au-delà, possiblement jusqu'à l'été. « Une certitude : les rassemblements festifs, familiaux dans des salles de fêtes ne pourront pas reprendre avant longtemps. De même, les bars et les restaurants qui font aussi partie des endroits de contamination forte ne pourront pas rouvrir dès le 1er décembre, contrairement aux magasins de jouets, par exemple », détaille-t-il.

Jeudi 12 novembre, le Premier ministre a jugé possible, si la tendance à la légère baisse des cas de coronavirus se confirme, de prendre des mesures d'allègement à compter du 1er décembre « strictement limitées aux commerces », et sur la base d'un protocole renforcé.

Dans un tweet samedi, le président français Emmanuel Macron a estimé que « notre combat contre l'épidémie est collectif et les prochains jours seront décisifs ». Le chef de l'État rappelle dans ce message les gestes pour « sauver des vies », « en classe, au bureau, à la maison ». Dans les mois à venir, « le télétravail devra perdurer, sur la base d'un équilibre à trouver dans les entreprises pour éviter le tout ou rien », a ajouté Jean Castex au journal Le Monde.

La prudence face à la perspective d'un vaccin

Lundi, les laboratoires américain Pfizer et allemand BioNTech ont affirmé que leur candidat vaccin était « efficace à 90 % » contre le Covid-19, selon l'essai à grande échelle de phase 3 en cours, dernière étape avant une demande d'homologation.

Mais le gouvernement français reste sur ses gardes. « La perspective d'un vaccin se rapproche. Il y a le projet Pfizer, mais aussi beaucoup d'autres en phase d'essai. Il faut se préparer tout en restant prudent », juge Jean Castex, qui assure avoir « déjà sécurisé les commandes ». « Ma crainte, c'est que les Français ne se fassent pas assez vacciner », souligne-t-il.

►À lire aussi : Vaccin contre le Covid: l'annonce de Pfizer suscite l'espoir mais la prudence est de mise

Selon un sondage Ipsos publié en septembre, la France se situe parmi les pays où l'intention de recourir au vaccin est la plus faible. Ils ne seraient ainsi que 59 % à se faire vacciner contre le Covid-19 en France, contre 74 % au niveau mondial.
Selon les derniers chiffres publiés par Santé publique France vendredi, le nombre de patients atteints du Covid-19 en réanimation se stabilise en France, légèrement en dessous de 4 900.

Le nombre de morts dans ce pays atteint un total de 43 892 depuis le début de la pandémie. Depuis le début de la semaine, le nombre quotidien de décès en hôpital oscille entre un peu plus de 300 et un peu moins de 500.

► Restaurateurs et cafetiers préparent un recours contre leur fermeture imposée

Restaurateurs et cafetiers ont l'intention de contester en justice la décision du gouvernement de fermer leurs établissements dans le cadre du reconfinement, a annoncé samedi l'Umih, principal syndicat des métiers de l'hôtellerie. « L'Umih (L'Union des métiers des industries de l'hôtellerie) nationale a engagé un recours contre le décret du 29 octobre 2020 qui ferme les restaurants et débits de boissons de 'type N' tout en autorisant la restauration collective », a-t-elle indiqué, justifiant ce recours par « la rupture du principe d'égalité ».

Elle prévoit de « finaliser » ce recours « avant le 20 novembre ». « La fermeture administrative de nos restaurants et bars s'appuie sur des raisons sanitaires, or aucune donnée chiffrée ne permet de justifier que les cas de contamination ont été plus nombreux dans ces établissements (...) que dans la restauration collective », estime le syndicat

Il souligne que ses adhérents « appliquent, depuis leur première réouverture en juin 2020, les mêmes protocoles sanitaires stricts appliqués par la restauration collective » et qu'« à la demande de la profession, ces protocoles ont même été renforcés en septembre 2020 ».

Deux établissements sur trois craignent la fermeture définitive

« Pourquoi les restaurants collectifs qui accueillent plus de monde que nos restaurants de 20, 30 places pourraient eux pratiquer une activité normale ? », s'est interrogée l'Umih, jointe au téléphone par l'AFP, dénonçant une « distorsion de concurrence par rapport à une autre forme de restauration ».

Par cette action, elle espère faire « pression sur le gouvernement » et montrer que « le secteur ne lâchera rien pour réussir à rouvrir ». Le « but ce n'est pas de faire refermer la restauration collective », a indiqué l'organisation, rappelant que selon une étude réalisée auprès de ses adhérents et publiée cette semaine, « deux établissements sur trois craignent de fermer définitivement d'ici la fin de l'année en raison de ce deuxième confinement ».

(Avec AFP)