France: le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand mis en examen

Le président LREM de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a été mis en examen dans la nuit de mercredi à jeudi à Lille pour prise illégale d'intérêts dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne. L'intéressé nie et entend rester au perchoir.

À l'issue d'un « interrogatoire de première comparution » de près de 15 heures au tribunal de grande instance de Lille, où l'affaire a été dépaysée il y a un an, « les trois juges d'instruction saisis du dossier ont décidé de mettre en examen Richard Ferrand pour prise illégale d'intérêts », a indiqué dans la nuit à l'AFP le parquet de Lille.

L'affaire des Mutuelles de Bretagne remonte à 2011 lorsqu'à peine nommé ministre de la Cohésion des territoires, il avait été épinglé par Le Canard enchaîné qui avait révélé qu'en 2011 les Mutuelles de Bretagne, qu'il dirigeait alors, avaient décidé de louer des locaux commerciaux appartenant à sa compagne. Richard Ferrand conteste toute irrégularité. Ces informations avaient conduit ce fidèle de la première heure d'Emmanuel Macron à quitter le gouvernement en juin 2017.

Président de l'Assemblée nationale depuis septembre 2018, quatrième personnage de l'État, Richard Ferrand a, dans la foulée de sa mise en examen, pris « acte de cette mesure procédurale qui va lui permettre de pouvoir se défendre dans ce dossier » et a assuré « rester serein sur l'issue de la procédure, au regard du classement sans suite de l'ensemble des griefs de la première plainte » en octobre 2017, « d'autant plus qu'aucun élément nouveau n'a été versé à ce dossier dans lequel il n'y a ni préjudice ni victime ».

La gauche et une partie de la droite appellent à sa démission

Les appels à sa démission n’ont pas tardé. Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan ont appelé jeudi 12 septembre à la démission de Richard Ferrand.

« La mise en examen ne signe pas la culpabilité, mais la sérénité du débat public suppose que ceux qui exercent des fonctions institutionnelles nationales démissionnent en attendant la décision de justice », a tweeté pour sa part Olivier Faure.

Quant aux Républicains, la porte-parole Lydia Guirous a estimé que la position du président de l’Assemblée, « va être très difficilement tenable sur le court terme », tout en soulignant « la présomption d'innocence » et la nécessité de « laisser faire la justice ».

Le président français Emmanuel Macron lui garde « toute sa confiance », a souligné jeudi 12 au matin la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, et les marques de soutien de la majorité se sont multipliées.

(avec AFP)