En France, près d'un adulte sur six est obèse

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L'obésité a continué à progresser ces dernières années en France et concerne désormais près d'un adulte sur six, tandis que le surpoids recule légèrement, atteignant 30% de la population, montre une nouvelle étude qui évalue aussi pour la première fois l'obésité infantile.

La corpulence est mesurée à partir de l'indice de masse corporelle (IMC), obtenu en divisant le poids (kg) par le carré de la taille (m2).

Inférieur à 18,5 points, il indique une insuffisance pondérale, entre 18,5 et 25, une corpulence normale, entre 25 et 30 un surpoids, au-dessus de 30 une obésité, et au-delà de 40 une obésité massive.

En 2020, 17% des adultes étaient en situation d'obésité, soit près de 8,6 millions de personnes, contre 15% en 2012 et 10,1% en 2002, montre cette enquête présentée mercredi par la Ligue contre l'obésité.

En revanche, la proportion de personnes en surpoids recule de 2 points par rapport à 2012, à 30,3%. Elle retrouve ainsi son niveau de 2000.

Au total, "près d'un Français sur deux est en situation de surpoids et/ou d'obésité", souligne la Ligue, fédération créée en 2014 pour "changer le regard sur l'obésité et améliorer la prise en charge médicale de cette maladie".

L'enquête, baptisée ObEpi-Roche, était réalisée tous les trois ans, à l'initiative du laboratoire pharmaceutique Roche, entre 1997 et 2012. La Ligue contre l'obésité l'a relancée avec l'institut de sondage Odoxa et la Chaire santé de Sciences-Po, afin de disposer à nouveau d'une "source fiable sur l'évolution" de l'obésité.

- "Facteur de risque" -

Parmi les 17% de personnes en situation d'obésité, 11,9% ont un IMC entre 30 et 35, 3,1% entre 35 et 40, et 2% au-delà de 40%, soit 1 million de personnes.

"Si les femmes sont toujours plus touchées que les hommes", avec respectivement 17,4% et 16,7% d'obèses, "c'est auprès de ces derniers que les progressions sont les plus fortes, notamment sur l'obésité massive", "multipliée par 3 en 8 ans", souligne l'enquête.

L'obésité a des causes multiples, dont l'alimentation, la sédentarité et certaines prédispositions génétiques. Elle est considérée comme un problème de santé publique majeur car c'est "un facteur de risque de pathologies chroniques (diabète, hypertension etc.) et a des conséquences psychologiques et sociales majeures (mésestime de soi, dépression, isolement, etc.)", souligne le ministère de la Santé.

Selon l'enquête, 36% des personnes obèses interrogées sont traitées pour hypertension, 20% pour diabète et 18% pour apnée du sommeil, contre respectivement 20%, 9% et 7% parmi l'ensemble des personnes interrogées.

"Elle peut se prévenir, notamment dans ses formes sévères, et doit être prise en charge de façon graduée et dans une approche plurisdicisplinaire", ajoute le ministère qui rappelle que "le recours à la chirurgie n'est approprié que dans des cas très spécifiques".

L'enquête ObEpi confirme que l'obésité est "corrélée au milieu social": elle est "deux fois plus élevée chez les catégories populaires (employés et ouvriers) que chez les cadres (18% contre 9,9%)."

Les disparités régionales restent fortes aussi, le Nord et l'Est étant davantage touchés: 22,1% dans les Hauts-de-France, suivis par le Grand-Est (20,2%) et la Normandie (19,8%).

Les régions PACA (15,9%) et Occitanie (15,5%) sont moins touchées que la moyenne nationale, tandis que les Pays de la Loire (14,4%) et l'Ile-de-France (14,2%) sont en bas de liste.

Par ailleurs, l'obésité "croît progressivement avec l'âge" mais "sur les dernières années, c'est auprès des Français les plus jeunes" qu'elle a le plus progressé, passant de 5,4% en 2012 à 9,2% en 2020 chez les 18-24 ans.

Un volet portant sur les enfants et les adolescents a été ajouté à l'enquête: il montre que 34% des enfants de 2 à 7 ans et 21% des 8-17 ans sont en situation de surpoids ou d'obésité, "des chiffres élevés qui posent question sur l'adéquation des seuils actuels pour mesurer" ces phénomènes chez les plus jeunes, souligne toutefois la Ligue contre l'obésité.

L'enquête a été réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 9.598 adultes, de 542 adolescents de 15 à 17 ans et de 1.642 enfants de moins de 15 ans, interrogés par internet du 24 septembre au 5 octobre 2020.

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