France: pour des physiciens ukrainiens, la recherche malgré l'exil

Deux physiciens ont fui l'Ukraine sous les bombes pour trouver refuge dans le sud-ouest de la France, à Fleurance, où ils continuent leur travail de recherche.

Physiciens, Vasyl et Liza ont fui l'Ukraine sous les bombes, une odyssée à travers l'Europe qui les a menés jusqu'au sud-ouest de la France, à Fleurance, où ils poursuivent leurs travaux, constituant une véritable unité de recherche improvisée dans une salle communale.

"A Kharkiv, il y a un mois, les bombes ont commencé à tomber près de notre maison (...). Nous sommes partis", se souvient, ému, Vasyl Maslov, chercheur en physique des plasmas qui, à 67 ans, ne s'imaginait pas quitter un jour son pays en quelques minutes. Peinant à trouver ses mots en anglais, il montre sur son écran des photos de son institut de recherche avant les bombardements, puis détruit. Il s'inquiète pour ses étudiants qui "continuent à travailler dans les caves de leurs maisons, dans les campements de volontaires". Autour de lui, au centre culturel du Moulin du Roy, dans la petite ville tranquille de Fleurance, quelques tables, des chaises, une pièce quasi nue. "Nous n'avons pas besoin de grand-chose, juste d'une bonne connexion internet", explique à ses côtés Liza Kulich, 38 ans, son ordinateur portable et un grand thermos de thé à portée de main.

Un difficile périple à travers l'Europe

Liza Kulich (G), experte en physique nucléaire, et Vasyl Maslov (D), physicien, à Fleurance, près de Toulouse, le 3 mai 2022 (AFP/Archives - Valentine CHAPUIS)
Liza Kulich (G), experte en physique nucléaire, et Vasyl Maslov (D), physicien, à Fleurance, près de Toulouse, le 3 mai 2022 (AFP/Archives - Valentine CHAPUIS)

Experte en physique nucléaire et radioprotection, cette professeure de l'université de Kiev est partie le 4 mars, d'abord pour Lviv, à 600 km à l'ouest. Un périple de trois jours par des petites routes, de check points en embouteillages de l'exode et pénurie d'essence. "Mais à Lviv aussi, il y avait des missiles." Elle met alors le cap sur la France avec sa fillette de 19 mois et ses parents, âgés de 68 et 65 ans. "C'était difficile pour eux" de quitter Kiev où la famille vit depuis cinq générations. Son mari, ingénieur civil, a dû rester, "comme tous les hommes qui n'ont pas trois enfants mineurs, ou un handicapé, ou une femme sur le point d'accouch[...]

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