La France en pente douce vers l'élection de Marine Le Pen à la présidentielle

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Imperceptiblement, à bas bruit, les conditions de l'entrée de Marine Le Pen à l'Élysée se réunissent une à une. Une étude de la Fondation Jean-Jaurès évalue le risque d'une victoire de Marine Le Pen au second tour de l'élection de 2022. Ce risque existe. Émettre cette hypothèse n'est pas prédire sa victoire, l'analyse des faits et des facteurs divers la rendant possible mérite en revanche de s'y pencher avec attention. Une séquence du film de Raymond Depardon Une partie de campagne montre Valéry Giscard d'Estaing et quelques barons des Républicains indépendants rassemblés rue de Rivoli au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle de 1974. «Si nous ne faisons rien, c'est gagné», dit en substance le futur président de la République. On peut penser que ce choix stratégique sied parfaitement à Marine Le Pen aujourd'hui. L'histoire de son parti comme l'exemple de ses partenaires européens l'y incitent probablement au moins autant que la situation politique et sociale de la France. Depuis une décennie, les partis de la droite radicale européenne ont muté. En un sens, ces partis sont des variants de ce qu'ils étaient voici vingt ou trente ans, pour ceux qui existaient alors. Longtemps le Front national a par exemple siégé au Parlement européen avec des partis vivant aux marges de leurs systèmes politiques respectifs. Ce fut le cas avec le MSI (1984-1989) puis avec le LAOS grec notamment. Il faut faire un détour par les autres pays d'Europe pour prendre avec distance les grandes tendances et les années charnières des droites radicales en Europe et du Front national. Les partis amis européens du FN entendent tous désormais accéder au pouvoir et, pour la plupart, à faire des concessions de forme ou de fond pour cela. Ils ont aussi fait preuve de méthode. À partir des années 2010, les droites radicales... Lire la suite sur Slate.fr.