En France, les musulmans se préparent à un nouveau ramadan sous restrictions sanitaires

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Pour la deuxième année consécutive, les musulmans de France vont devoir passer le ramadan à la maison. Les interactions sociales autour du jeûne sacré et festif qui commence mardi seront limitées par le couvre-feu en vigueur chaque soir à partir de 19 heures, instauré dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.

Traditionnellement marqué par des rassemblements familiaux et religieux au moment de la rupture du jeûne, le ramadan 2021 qui commence mardi sera une nouvelle fois perturbé par la pandémie de coronavirus. La date du 13 avril a été confirmée, dimanche, par la Grande Mosquée de Paris.

Le jeûne du ramadan, qui s'achèvera par l'Aïd el-Fitr, la "fête de la rupture du jeûne" fixée au 13 mai cette année, est l'un des cinq piliers de l'islam. Durant cette période, les musulmans doivent notamment s'abstenir de manger et de boire du lever au coucher du soleil.

Comme en 2020, ce mois de prière et de partage est marqué par le contexte sanitaire. En raison du couvre-feu et de la fermeture des lieux de culte à 19 h, il n'y a pas de "tarawih" – ces prières nocturnes spécifiques au ramadan – possibles à la mosquée.

Par ailleurs, les autorités religieuses déconseillent fortement de se regrouper au-delà du foyer ou entre voisins au moment de l'"iftar", le repas quotidien de rupture du jeûne, alors que c'est habituellement une composante sociale, conviviale voire festive de ce mois.

La vaccination recommandée

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) comme la Mosquée de Paris ont par ailleurs prévenu les fidèles qui pourraient s'interroger sur le caractère licite ou non de la vaccination que cette dernière n'était pas considérée comme "nutritive". De ce fait, "l'injection" d'un vaccin anti-Covid "n'invalide pas le jeûne".

La Mosquée de Paris a d'ailleurs imprimé un dépliant à destination des fidèles plaidant pour la vaccination : "La vaccination est un acte de préservation de la vie recommandé en islam", peut-on lire sur les feuilles.

Actes antimusulmans dans l'Ouest

Ce ramadan 2021 est aussi entaché par la découverte dimanche de tags racistes sur les murs d'un centre culturel islamique à Rennes.

"Les croisades reprendront", "Charles Martel, sauve-nous" : les inscriptions ont été découvertes au moment de la prière du matin par le gardien et les fidèles du centre Avicenne, qui sert aussi de salle de prière.

Ces inscriptions racistes ont provoqué un concert de condamnations, certains dénonçant un "climat antimusulman". Plusieurs actes antimusulmans ont en effet été recensés ces derniers jours dans l'ouest de la France. À Nantes, la porte d'une mosquée a été détruite par un incendie dans la nuit de jeudi à vendredi et un homme de 24 ans, revendiquant des idées néonazies, a été mis en examen vendredi pour avoir menacé d'attaquer la mosquée du Mans.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'est rendu dans le quartier Villejean à Rennes dès dimanche soir pour rencontrer les responsables du culte musulman et exprimer "tout le dégoût que nous inspirent ces inscriptions qui sont des insultes, des insultes aux musulmans français, des insultes à la France". Le ministre a indiqué avoir donné consigne aux préfets de "particulièrement (...) protéger" les musulmans "en cette période de fête religieuse".

Avec AFP