La France a mis fin vendredi soir à ses évacuations d'Afghanistan

·4 min de lecture

La ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé que la France avait mis fin vendredi soir à ses opérations d'évacuation, de Kaboul vers Paris, d'Afghans menacés par les Taliban.

Il n’y aura finalement pas eu de prolongation de la France. Paris a mis fin vendredi soir à son pont aérien pour évacuer des Afghans menacés par les Taliban de Kaboul vers Paris, ont annoncé la ministre des Armées et le chef de la diplomatie française. "L'opération Apagan, déclenchée le 15 août à la demande du président de la République, a pris fin ce soir", a tweeté Florence Parly.

Près de 3 000 personnes, dont une centaine de ressortissants français et plus de 2 600 Afghans menacés pour avoir travaillé pour la France ou pour leur engagement en faveur des droits humains, ont été évacués, a précisé l'état-major des Armées.

Ce pont aérien a dû être interrompu, "les conditions de sécurité n'étant plus remplies sur l'aéroport" de Kaboul en raison du "désengagement rapide des forces américaines" qui auront quitté l'Afghanistan le 31 août, ont ajouté Florence Parly et Jean-Yves Le Drian dans un communiqué commun.

"L'équipe de l'ambassade de France à Kaboul a rejoint Abu Dhabi avant de regagner la France", ont-ils ajouté, en remerciant "diplomates, militaires, policiers et l'ensemble des services de l'État" qui se sont mobilisés "sans relâche" pour permettre ces évacuations.

L'ambassadeur de France en Afghanistan, David Martinon, continuera à opérer depuis Paris, avait indiqué jeudi le président Emmanuel Macron.

"Les derniers militaires français ont quitté Kaboul ce soir", a également tweeté l'état-major, qui avait dépêché une centaine de militaires sur place.

Au total, l'armée française a assuré 26 rotations entre Kaboul et la base aérienne 104 d'Abou Dhabi, pivot du dispositif, et 16 vols entre Abu Dhabi et Paris.

Poursuite des contacts avec les Taliban pour les évacuations

La France, qui appelle à la mise en place d'opérations humanitaires pour permettre aux milliers d'Afghans qui n'ont pas réussi à être évacués de partir par d'autres moyens, a annoncé qu'elle allait poursuivre des discussions en ce sens avec les Taliban.

"Nos efforts continuent (...). Nous poursuivrons à cet effet nos efforts engagés auprès des responsables talibans pour garantir qu'ils ne mettront aucune entrave après le 31 août au départ de ceux qui le souhaiteront", ont relevé les deux ministres.

Une délégation française a rencontré jeudi à Doha des représentants des Taliban pour la première fois depuis qu'ils ont pris le pouvoir en Afghanistan le 15 août. Ces discussions ont porté sur la situation à l'aéroport de Kaboul et les opérations d'évacuations, selon les deux parties.

Les Taliban assurent que toute personne en possession de documents légaux pourra voyager à l'étranger et que l'aéroport civil va être rouvert pour permettre la reprise des vols internationaux.

Pas de "discussions politiques"

Si elle a engagé ce dialogue, la France exclut toutefois des "discussions politiques" et une reconnaissance des Taliban tant qu'un certain nombre de conditions ne seront pas réunies.

Elle réclame notamment la garantie pour tous ceux qui le souhaitent de pouvoir quitter leur pays, l'engagement à ne pas laisser l'Afghanistan redevenir un sanctuaire du terrorisme islamiste et la mise en place d'un gouvernement élargi à d'autres composantes politiques.

"La vie diplomatique et les relations internationales, c'est parfois choisir entre de mauvaises options pour défendre au mieux ou le moins mal possible des intérêts et des valeurs", a toutefois relevé vendredi le secrétaire d'État aux Affaires européennes, Clément Beaune.

Londres met également fin à son opération

Pour sa part, l'opération d'évacuation de civils réalisée par le Royaume-Uni en Afghanistan prend fin samedi, a déclaré le chef des forces armées britanniques, le général Nick Carter, avant le retrait des militaires.

"Nous arrivons à la fin de l'évacuation, qui interviendra dans le courant de la journée, et alors il sera bien sûr nécessaire de faire sortir nos troupes dans l'avion restant", a-t-il dit sur BBC Radio 4.

Selon lui, il n'y a plus désormais que "très peu" d'appareils évacuant encore des civils d'Afghanistan depuis l'aéroport de Kaboul, où sont massées des milliers de personnes dans l'espoir de quitter l'Afghanistan, tombé en août aux mains des Taliban.

L'opération d'évacuation s'est déroulée "aussi bien que possible au vu des circonstances", a poursuivi le général Carter, "mais nous n'avons pas pu faire sortir tout le monde et c'est déchirant".

Le ministère de la Défense a assuré vendredi que plus de 14 500 personnes avaient été évacuées depuis le 13 août, dont environ 8 000 Afghans éligibles au programme destiné au personnel afghan employé localement par le Royaume-Uni.

Plus aucun vol civil ne quittera Kaboul à destination du Royaume-Uni, mais des vols dédiés aux personnels de l'armée et à un petit nombre d'Afghans vont se poursuivre, a affirmé un porte-parole du ministère des Armées.

La chaîne Sky News a rapporté que le dernier vol britannique rapatriant des civils avait quitté la capitale afghane dans la nuit.

Avec AFP

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles