France: #MeTooGay, les témoignages déferlent sur Twitter

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Quelques jours après le mot clef #MeTooInceste et trois ans après #MeToo, des milliers de témoignages déferlent sur Twitter levant le voile sur les violences sexuelles subies par les hommes gays.

Cette libération de la parole en ligne qui s’opère actuellement dans la communauté gay en France avec le mouvement #MeTooGay est apparu jeudi 21 janvier sur Twitter. Un mot-dièse qui a été littéralement pris d’assaut après un premier témoignage bouleversant : celui d’un jeune homme de 20 ans, qui accuse une personnalité publique, Maxime Cochard, un élu du Parti Communiste Français au Conseil de Paris et son conjoint, de viol et d'agression sexuelle.

Le tweet a déclenché un véritable électrochoc sur les réseaux sociaux, aussitôt des milliers de témoignages équivalents et des messages de soutien déferlent alors sur la Toile. De nombreux hommes à l’âge adulte relatent que leur première fois était un viol, d’autres racontent avoir été victimes de harcèlement ou forcés à des rapports sexuels non-protégés.

Et plus sinistre, on ne compte plus le nombre de témoignages concernant des crimes perpétrés par des pédophiles sur des mineures, des délits d’abus sexuels et de viols pour lesquels évidemment la question du consentement ne pose même pas.

La fin d'une omerta ?

Trois ans après le mouvement #MeToo, le mot clef #MeTooGay libère la parole des hommes et permettra peut-être d’en finir avec l’omerta qui règne autour de ce sujet tabou dans les milieux homosexuels, estime Romain Burrel directeur de la rédaction du magazine Têtu :

« La force de ces témoignages est qu’ils permettent de comprendre les ramifications de ce qu'il faut bien appeler une certaine culture de viol au sein de la communauté LGBT et notamment gay. Pendant longtemps, les luttes se sont faites sur la conquête de droit et c'était un peu la seule chose qui comptait. Et puis il y avait la peur aussi de donner des arguments aux homophobes qui stigmatisent déjà assez notre communauté qui serait soi-disant hypersexualisée. Pour ne pas prêter le flanc aux critiques, le réflexe a été d'éviter de "laver votre linge sale en public". Peut-être que ce hashtag le début d’une conversation salutaire qui va permettre à cette jeunesse de sortir par le haut de quelque chose qui est un phénomène d'ampleur. »

Ce phénomène d’ampleur que décrit Romain Burrel concerne aussi les viols conjugaux. Et pour les personnes LGBT vivant en couple qui sont « exposées aux violences sexuelles et physiques » de leurs conjoints, la honte, la crainte de faire le jeu de l’homophobie rampante en France ou encore d’être rejetées par leur communauté, les incitent plutôt au silence nous révèle l’Institut national d’études démographiques. Son enquête dénommée Virage pour « VIolences et RApports de GEnre » qui a été réalisée en 2015 mais republiée en novembre 2020, indique qu’un homme homosexuel ou bisexuel sur 25 est victime de violences à caractère sexuel au cours de sa vie.

►À écouter aussi : Tour du monde des correspondants - Le mouvement #MeToo creuse son sillon en Grèce, Corée du Sud et au Chili, le Japon bégaie