France: des marches pour le climat pour dénoncer les objectifs insuffisants du gouvernement

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En France, plus de 180 manifestations pour le climat étaient organisées à travers le pays ce dimanche 28 mars, à la veille de l'examen à l'Assemblée nationale de la loi « Climat et résilience ». À Paris, plusieurs milliers de personnes ont défilé pour réclamer un texte plus ambitieux. Issu en partie des travaux de la Convention citoyenne pour le climat, ce projet de loi est jugé insuffisant face aux objectifs affichés du gouvernement : réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.

Cyril Dion, l'un des garants de cette Convention pour le climat, espère que la mobilisation poussera les députés à être courageux et ambitieux, à la hauteur des attentes des Français.

« Nous, mouvement climat, on ne peut que s’en réjouir parce que c’est la suite de tout ce que l’on fait depuis septembre 2018 : avec les marches pour le climat, les “gilets jaunes”, "l’Affaire du siècle" et avec la création de la Convention citoyenne. Le gouvernement se réfugie derrière ça en disant qu’ils en font plus que leurs prédécesseurs, simplement leurs prédécesseurs n’ont rien fait pendant 30 ans. »

Un « modèle démocratique cadenassé »

Aujourd’hui, ce qu’il faudrait faire est infiniment plus ambitieux que ce que fait le gouvernement en ce moment, estime Cyril Dion : « Le réchauffement climatique est là, on ne va pas négocier avec le climat. Ce que je regrette dans le fond, c'est que notre modèle démocratique soit aussi cadenassé. Toutes les instances officielles disent qu’on a besoin d’aller loin pour des raisons objectives, sinon on va se mettre en danger. »

Garant de la Convention citoyenne, il considère que les Français sont plutôt globalement d’accord, que tous les sondages qui ont été faits suite aux travaux de la Convention citoyenne montraient qu’il y avait plus de 60% des personnes interrogées qui étaient d’accord.

« En termes d’équilibre dans la société ça va, c’est pour cela que je dis qu’on a un problème démocratique puisque le gouvernement cadenasse en dépit de tout ce que la société dit », précise Cyril Dion.

La gauche contre le projet de loi sur le climat

Jean-Luc Mélenchon a le sourire aux lèvres en regardant défiler les milliers de manifestants jeunes et bigarrés. De quoi regonfler à bloc le patron des députés de la France Insoumise après trois semaines passées en commission spéciale pour tenter d'amender le projet de loi sur le climat, sans succès.

« La loi du gouvernement ne vaut rien, c’est une comédie. Si vous voulez diminuer les gaz à effets de serre comme le CO2, il faut arrêter de faire des coupes rases dans les forêts, car la forêt est la principale machine à capter. Nous, on fait un amendement, et ils nous disent que c’est irrecevable et que ce n’est pas le sujet ! », affirme Jean-Luc Mélenchon.

C'est donc un texte ayant déjà suscité beaucoup de frustration qui arrive devant l'ensemble des députés, loin, très loin, selon l'opposition, des promesses d'Emmanuel Macron après les travaux de la Convention citoyenne pour le climat.

« Cela symbolise à la fois le mépris pour le sujet majeur qu’est le dérèglement climatique, mais aussi le mépris pour la démocratie. Vous avez la population qui est dans la rue, les scientifiques qui nous alertent, les députés qui voudraient aller plus loin et le gouvernement qui veut plutôt satisfaire les lobbies que l’intérêt général », estime le secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts, Julien Bayou.

Le gouvernement se défend de tout manque d'ambition, affirmant privilégier des mesures efficaces et acceptables, au risque de diviser jusque dans sa majorité.

Dans la rue, l’espoir d’influencer les députés

Dans le cortège parisien, les manifestants espèrent que leur mobilisation influencera les députés et les poussera à faire davantage pour le climat.

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