En France, les médecins généralistes vont être autorisés à vacciner contre le Covid-19

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En France, les médecins généralistes vont pouvoir vacciner une partie de leurs patients contre le Covid-19 à partir de la semaine prochaine avec le vaccin d'AstraZeneca. Le nombre de personnes vaccinées augmentera au fur et à mesure du nombre de doses de vaccin disponibles.

Les médecins généralistes pourront commencer à récupérer les doses du vaccin AstraZeneca, AZD 1222, auprès des pharmacies entre le 22 et le 24 février pour pouvoir commencer à vacciner à partir du 25 février. La semaine prochaine, les médecins disposeront d’un flacon, donc dix doses de vaccin, de deux à trois flacons la semaine d’après, puis jusqu’à quatre flacons les semaines suivantes.

Les personnes éligibles à la vaccination sont les patients de 50 à 64 ans présentant des comorbidités, notamment l’hypertension artérielle, la transplantation d’organe, l’insuffisance cardiaque, les diabètes de type 1 ou 2 ou le cancer de moins de trois ans dont la chimiothérapie est terminée.

La vaccination se fait en deux doses et il est impératif d’injecter la deuxième dose entre 9 et 12 semaines après la première. Pour organiser les rendez-vous, la plateforme Doctolib, utilisée par 18 000 médecins en France, a annoncé le lancement du service Doctolib vaccination, disponible pour les médecins et les patients, à partir du 24 février.

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Les pharmaciens veulent vacciner eux-mêmes

Les pharmaciens, chez qui les médecins devront se procurer les doses de vaccins, alertent sur le faible nombre de médecins qui ont commandé leurs doses et demandent plus que jamais l'autorisation de vacciner eux-mêmes les patients.

Les médecins ont jusqu'au mercredi 17 février au soir pour commander leur dose de vaccin chez leur pharmacien de référence, mais pour Carine Wolf-Tahl, présidente du Conseil national de l'ordre des pharmaciens, cette précommande obligatoire complique le processus de vaccination.

« La profession avait plutôt proposé qu'il y ait un nombre égal de flacons qui soient envoyés dans toutes les officines, souligne-t-elle. Ce que l'on appelle un flux poussé, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de commande à faire. Ce qui évitait cette étape d'enregistrement et de commande. C'est d'autant plus dommage que ça ne changera pas grand chose, il y aura toujours qu'un flacon disponible par médecin ».

Car l'État mettra à disposition des 65 000 médecins de ville 70 000 flacons de vaccin, autrement dit, les médecins ne pourront pas en commander autant qu'ils veulent. Carine Wolf Tahl plaide donc pour une vaccination directement en pharmacie. « Fort du succès de la vaccination grippe – il y a eu un tiers de vaccinés par les pharmaciens – on pourra, j'espère maintenant, très rapidement se mettre à vacciner, dit-elle. Et que dès que les flacons seront disponibles qu'ils soient injectés réellement et en avance ». Les pharmaciens demandent au gouvernement de les autoriser au plus vite à vacciner, dans un premier temps avec les doses qui ne seront pas commandées par les médecins.

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En France, une baisse des cas qui peut cacher un rebond

Les chiffres de l'épidémie de Covid-19 stagnent depuis quelques jours en France, mais le variant anglais continue de progresser dans le pays. On assiste actuellement à une légère baisse des nouveaux cas tout comme les nombres d'hospitalisations et les entrées en réanimation. Mais cette embellie cache peut-être un rebond de la pandémie, craignent des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Grâce à un modèle mathématique, les scientifiques de l'Inserm ont fait des projections de la situation épidémique à partir des chiffres d'admission à l'hôpital et des connaissances actuelles du Covid-19. Selon leurs conclusions, la stagnation actuelle des cas de coronavirus pourrait cacher un rebond épidémique dans les semaines à venir. En effet, si le nombre de contaminations avec le virus classique est en légère baisse, le variant anglais, lui, continue de se propager dans le pays et représente 35% des cas diagnostiqués.

Et comme le variant anglais est de 40 à 70% plus contagieux, sa rapide propagation sur l'ensemble du territoire fait craindre des scénario peu optimistes. L'une des projections la moins pessimiste issue des modèles de l'Inserm est une explosion des cas du variant anglais dans le pays.

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Selon l'étude, le variant britannique pourrait devenir dominant sur le territoire entre fin février et mi-mars. Et si c'est le cas, le nombre d'admission à l'hôpital pourrait atteindre plus de 25 000 la semaine du 22 mars prochain. Même si l'épidémie globale régresse, la multiplication des variant dans le pays devrait faire redoubler de vigilance, et faire prendre des mesures plus strictes pour freiner la propagation du variant anglais notamment déjà bien présent en Moselle et dans le Nord.