La France et l'Italie vont créer une brigade mixte contre les passeurs

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La France et l'Italie vont créer une brigade mixte à leur frontière pour lutter contre les filières de passeurs qui y font transiter les migrants, a annoncé vendredi à Rome le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Les patrouilles communes existent déjà entre les polices aux frontières des deux pays mais cette brigade intégrée réunira pour la première fois, au sein d'une structure spécifique, des agents italiens et français placés sous commandement unique, a-t-on expliqué dans l'entourage du ministre français de l’Intérieur.

« C'est un point extrêmement important pour lutter contre ce passage à la frontière de populations immigrées clandestines », de la région de Vintimille côté italien vers la région de Menton côté français, a souligné Gérald Darmanin après des entretiens avec son homologue italienne, Luciana Lamorgese.

Le cadre juridique et le lieu de casernement de la brigade, qui devrait être opérationnelle dans deux ou trois mois, font encore l'objet de discussions.

Pour son premier déplacement à l'étranger depuis sa nomination place Beauvau, M. Darmanin a souhaité se rendre à Rome afin de renforcer la relation franco-italienne « très importante » devant les « difficultés migratoires auxquelles l'Europe fait face ».

La France souhaite une « position commune » avec l'Italie avant le sommet des ministres de l'Intérieur de l'Union européenne d'octobre à Bruxelles sur un nouveau « pacte des migrations » que doit proposer la Commission en septembre. Elle souhaite aussi obtenir le soutien de l'Espagne et l'Allemagne, où Gérald Darmanin se rendra au mois d'août, a-t-il indiqué.

Accord de Malte

Paris et Rome ont par ailleurs décidé que l'accord de Malte « puisse être non seulement intégré dans le droit de l'Union européenne, ce qui est la demande italienne et que nous soutenons, mais également l'élargir à l'ensemble des pays de l'Union européenne », selon le ministre.

L'Allemagne, la France, l'Italie et Malte s'étaient mis d'accord en septembre sur un mécanisme temporaire, basé sur le volontariat, pour une répartition des migrants sauvés en mer, mais seuls quelques pays comme le Portugal, le Luxembourg et l'Irlande s'étaient ralliés à cette initiative. Et le mécanisme a été suspendu en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

Face à la très forte poussée migratoire vers la Sicile en provenance de Tunisie, il a également annoncé que Paris soutiendra Rome pour tenter de convaincre les autorités tunisiennes de freiner les départs d'embarcations.

(avec AFP)