L'UE envoie des renforts en France pour lutter contre les incendies

Les feux de forêts continuent de ravager le sud-ouest du pays. Pour y faire face, la France va recevoir des renforts en avions et pompiers de l'UE ainsi que de cinq pays européens.

L'incendie qui sévit en Gironde depuis le 9 août a brûlé plus de 6 800 hectares de forêt en deux jours. Sur le front, quelque 1 100 sapeurs-pompiers sont mobilisés avec des conditions météorologiques particulièrement défavorables, a fait savoir jeudi 11 août la préfète de Gironde, Fabienne Buccio.

Avant la tombée de la nuit mercredi, huit feux importants brûlaient en France, en Gironde, mais aussi dans le Maine-et-Loire, le Jura, la Drôme, l'Aveyron et la Lozère... Sans compter d'innombrables départs de feux plus petits chaque jour du nord au sud.

Devant l'ampleur du phénomène, quatre avions de la flotte de l'UE contre les incendies ont été envoyés en France depuis la Grèce et la Suède, à la suite d'une demande des autorités françaises, a annoncé la Commission européenne.

L'Italie va également dépêcher "plusieurs Canadair", a tweeté Emmanuel Macron dans l'après-midi. Le président de la République s'est entretenu par téléphone avec le chef du gouvernement italien, Mario Draghi, "pour se coordonner sur les renforts", a-t-on précisé dans son entourage.

En outre, des équipes de pompiers d'Allemagne, de Pologne, d'Autriche et de Roumanie sont en route pour soutenir les pompiers français dans le cadre du mécanisme de protection civile de l'UE, a précisé la Commission.

"La solidarité européenne est à l'œuvre !", s'est félicité de son côté le président français Emmanuel Macron dans un tweet en annonçant cette aide européenne.

La Grèce va dépêcher deux Canadair et la Suède deux Air Tractor "dans la journée", a précisé la présidence française. Côté terrestre, l'Allemagne envoie 64 pompiers et 24 véhicules, attendus dès jeudi soir, a-t-elle ajouté. Les renforts polonais – 146 pompiers et 49 véhicules – arriveront vendredi à la mi-journée.

"Des conditions de risque très sévère d'éclosion de feu"

La représentante de l'État en Gironde indiquait, quant à elle, dans la matinée dans un communiqué que des renforts étaient attendus pour combattre les feux, ajoutant que le risque de départ de feux est "très sévère". "Les conditions sont particulièrement difficiles : la végétation et les sols sont particulièrement secs après plus d'un mois sans pluie", fait savoir la préfète.

"Les températures caniculaires (40 °C ce jour) devraient se maintenir jusqu'à samedi et se conjuguent avec un air très sec pour créer des conditions de risque très sévère d'éclosion de feu", ajoute-t-elle.

Jeudi matin, ce feu "progresse dans toutes les directions, le vent est assez peu établi pour le moment, il va se lever au cours de la journée. On nous annonce un vent qui pousserait le feu vers le sud-ouest mais nous avons appris à être prudents", précise le lieutenant-colonel Arnaud Mendousse du service départemental d'incendie et de secours de Gironde (Sdis 33). "Sans pour autant avoir stoppé sa propagation, nous l'avons bien limité cette nuit."

La virulence des incendies a contraint les autorités à évacuer 10 000 personnes.

Port du masque recommandé pour ne pas inhaler des fumées toxiques

L'autoroute A63 de Bordeaux à Bayonne est coupée dans les deux sens au niveau de Saint-Geours-de-Maremme, la fumée environnante représentant un "risque pour les usagers", et les sapeurs-pompiers espèrent en faire un moyen de "défense (...) si le feu reprend sa marche en avant".

L'Agence régionale de santé a estimé dans un communiqué que "l'impact des fumées" dégagées par l'incendie – et visibles à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde – était "assimilable à celui d'un pic de pollution intense", et recommandait "fortement de porter un masque de protection".

Les pompiers sur tous les fronts

Ailleurs en France, deux incendies de forêt ont ravagé plus de 330 hectares dans le sud du Jura depuis hier, l'un d'eux étant toujours en cours jeudi matin, a annoncé la préfecture.

En revanche, le feu a été maîtrisé dans le Maine-et-Loire, où deux incendies ont ravagé plus de 1 500 hectares depuis lundi. Ils sont désormais fixés, d'après les pompiers du département. "On est toujours en défense de points sensibles sur 22 sites car ils se situent dans les surfaces brûlées. On a de très nombreuses reprises, dont certaines pas naturelles", a toutefois regretté le centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis).

À Beaulieu-sur-Layon, au sud d'Angers, dans la région viticole du Layon, l'incendie est aussi fixé et 150 hectares ont été brûlés. "Le feu nécessite une vigilance puisque, là aussi, on a des reprises non naturelles", selon le Codis. Plus de 500 pompiers, dont beaucoup venus d'autres départements, sont encore présents sur ces deux sinistres.

Enfin dans les Vosges, le feu qui a brûlé 30 hectares de forêt entre les communes de Mortagne et de Brouvelieures, est également fixé, a annoncé jeudi la préfecture du département

Selon les scientifiques, la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes (canicule, sécheresse, incendies, etc.) est une conséquence directe du réchauffement climatique, les émissions de gaz à effet de serre augmentant à la fois leur intensité, leur durée et leur fréquence.

Avec AFP