France : l'exécutif veut renforcer la protection des fonctionnaires et la lutte contre la haine en ligne

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Une semaine après l'assassinat du professeur Samuel Paty, le Premier ministre Jean Castex a annoncé vendredi, "le renforcement de la protection des fonctionnaires et des agents publics" et de "la surveillance des réseaux sociaux".

Le projet de loi sur le séparatisme se précise. La protection des fonctionnaires va être renforcée et la surveillance des réseaux sociaux intensifiée, a annoncé, vendredi 23 octobre, Jean Castex au cours d'une très brève déclaration à la presse, une semaine après l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty.

Le chef du gouvernement s'exprimait à l'issue d'un nouveau conseil de défense qui s'est tenu sur le sujet à l'Élysée, le deuxième depuis l'assassinat de Samuel Paty, auquel participaient notamment les ministres de la Justice, Éric Dupond-Moretti, et de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Ces mesures viendront s'ajouter au projet de loi sur le séparatisme dont le Parlement sera saisi d'ici la fin de l'année, a dit Jean Castex avant d'en donner le détail.

Jean Castex a ainsi annoncé "le renforcement de la protection des fonctionnaires et des agents publics en pénalisant ceux qui font pression sur eux et sur le fonctionnement des services publics par des propos ou des comportements". Il a pris pour exemple ce qui "s'est produit à Conflans-Sainte-Honorine à l'encontre de M. Paty et de la proviseure du collège" du Bois d'Aulne.

"Deuxièmement, la possibilité de sanctionner ceux qui mettent en ligne des informations personnelles mettant en danger la vie d'autrui", a poursuivi le Premier ministre

"La surveillance des réseaux sociaux et la lutte contre la haine en ligne seront intensifiées", a-t-il ajouté, avec un renforcement "sans délai" des effectifs de la plateforme de signalement Pharos et la création d'un pôle spécifique au parquet de Paris "pour centraliser les poursuites et donc en améliorer l'efficacité".

56 visites domiciliaires et 27 arrestations

Jean Castex a annoncé que "56 visites domiciliaires" avaient été effectuées, après l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty et que 27 interpellations avaient eu lieu après des signalements de contenus en ligne.

"123 visites domiciliaires ont été décidées et 56 ont d'ores et déjà été réalisées", a déclaré le Premier ministre lors d'un bref point presse. "1279 signalements à la plateforme Pharos, services spécialisé chargé du recueil des signalements illicites sur internet, ont permis 27 interpellations", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre n'a pas fait état en revanche d'un éventuel "délit de séparatisme" évoqué ces dernières heures par les médias. Mais Jean Castex a annoncé qu'un autre conseil de défense serait convoqué prochainement.

Depuis l'attaque de vendredi dernier à Conflans-Sainte-Honorine, l'exécutif a promis de mener un combat "sans faille" contre l'islamisme radical, "idéologie de destruction de la République" selon les termes employés mardi par Emmanuel Macron.

Avec AFP