En France, la levée de l’anonymat va-t-elle dissuader les donneurs de gamètes ?

PHOTO PHILIPPE DESMAZES/AFP

Un an après la révision de la loi bioéthique, l’anonymat des donneurs de sperme et d’ovocytes est levé en France. En l’espèce, les personnes nées grâce à un don de gamètes effectué après le 1er septembre 2022 pourront, dès leur majorité, obtenir des informations sur le donneur, son identité et sa situation au moment du don. Il s’agissait d’un combat de longue date mené par des associations d’enfants nés par dons de gamètes réclamant “l’accès aux origines”.

La révision de la loi n’implique en revanche aucune conséquence dans le domaine de la filiation et n’a pas d’effet rétroactif. Mais, remarque ABC,une commission sera créée afin d’aider les adultes actuels à trouver leurs donneurs, mais sans garantie de succès, car ces derniers pourront s’opposer à ce que leur identité soit révélée”.

Pour le journal conservateur britannique The Times, “les donneurs de sperme et d’ovocytes ont perdu le droit à l’anonymat en France, alors même que cela pourrait avoir de fortes répercussions sur le traitement de la stérilité”. Le titre développe : “D’après certains détracteurs, les Français, déjà réticents à donner par rapport aux Britanniques, vont l’être encore davantage quand ils pourront être contactés par celles et ceux qui ont été conçus grâce à leurs gamètes.

Alignement sur les voisins

En actant ce changement de législation, la France s’aligne sur la politique de certains de ses voisins, à commencer par le Royaume-Uni, qui applique les mêmes règles depuis 2005.

The Times explique qu’une baisse des dons avait effectivement été enregistrée, mais était demeurée passagère : “Quand la Grande-Bretagne a mis fin à l’anonymat, le nombre de donateurs de gamètes s’est effondré dans l’année qui a suivi, mais au bout de douze mois les dons sont repartis à la hausse, et aujourd’hui le nombre de donneurs d’ovocytes et de spermatozoïdes est plus élevé qu’il ne l’était auparavant.

Reste que les responsables des centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos) en France alertent sur un manque de dons. La situation pourrait devenir problématique avec l’ouverture de la procréation médicalement assistée pour les couples lesbiens et les femmes seules.

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