France: l'Église catholique décide de verser une «contribution» aux victimes de pédophilie

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L'Église catholique française fait face à la pédophilie qui la gangrène. La Conférence des évêques a annoncé ce vendredi 26 mars, à l'issue de sa commission plénière de printemps, une série de mesures pour lutter contre ce phénomène, dont l'ampleur a éclaté au grand jour il y a un peu plus de cinq ans. Il est question de sensibilisation, de formation mais aussi d'aide financière aux victimes.

La Conférence des évêques a d'abord insisté sur la notion de reconnaissance : de la douleur des victimes, de la véracité de leurs paroles mais aussi de la responsabilité de la hiérarchie de l'église française.

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« Des évêques et d’autres responsables ecclésiaux n’ont pas été attentifs à ces personnes manquant gravement à l’attention aux plus petits et à la vérité de l’Évangile », déclare Dominique Blanchet, le vice-président de l'instance.

« Il ne s’agit ni d’une indemnisation, ni d’une réparation »

Cette reconnaissance doit maintenant se concrétiser par un mémorial, une journée annuelle de prière, mais surtout par un soutien financier aux victimes. Et le choix des mots semble primordial. Il avait déjà été au coeur de la plénière d'automne. « Il ne s’agit ni d’une indemnisation, ni d’une réparation, mais de contribuer à la mesure de nos moyens à leur reconstruction », dit Éric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France.

L'Église espère réunir 5 millions d'euros grâce aux dons des fidèles. À cette annonce, Pierre-Emmanuel Germain-Thill, victime du père Preynat, manque de s'étrangler. « Vous êtes l’État le plus riche du monde ou presque. C’est une blague ! On a bousillé des gamins parce qu’on a laissé des prêtres en poste en connaissance de cause dans le cadre de l’affaire Preynat. Pourquoi ce curé a été en poste pendant 40 ans ? Parce qu’il ramenait un pognon de malade. Donc, on va demander aux gens de payer ? », interroge-t-il.

Ces mesures pourraient évoluer après la publication à l'automne, du rapport de la commission Sauvé. Il fait état d'au moins 10 000 victimes depuis 1950.