France: le gouvernement d'Elisabeth Borne, pas le renouveau annoncé mais des fidèles aux manettes

Le gouvernement Borne 1 a été annoncé vendredi après-midi. Après trois semaines d'attente, ce sont toujours les mêmes poids lourds du gouvernement sortant qui forment l'armature de la nouvelle équipe. Emmanuel Macron entre dans son second quinquennat sans bouleversements.

Pour le renouveau, ce n'est pas gagné. « Du point de vue des personnalités, on a une grande forme d’inertie », expliquait même sur notre antenne Benjamin Morel, politologue, maître de conférences en droit public à l’Université Paris II Panthéon-Assas. Avec en plus d'Elisabeth Borne, 13 ministres reconduits, ceux que tout le monde connait à commencer par Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, les deux poids lourds issus de la droite qui grimpent en haut de la hiérarchie gouvernementale, le signal de ce « nouveau mandat pour un nouveau président » comme l'avait dit Emmanuel Macron lors de son investiture, est plutôt celui de la continuité que de la rupture, analyse Valérie Gas, du service politique.

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D'autant que parmi les entrants, on trouve aussi des macronistes de la première heure.. Stanislas Guérini, Yaël Braun Pivet, ou la conseillère culture de l'Elysée, Rima Abdul Malak... Emmanuel Macron a réfléchi longtemps pour décider de s'entourer surtout de ceux qui avaient fait leur preuve à ses côtés.

Bien sûr il y a une prise de guerre, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Damien Abad, et Catherine Colonna, une nouvelle ministre des Affaires étrangères de droite pour remplacer Jean-Yves Le Drian, mais pas de quoi ébouriffer.

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Sauf avec Pap Ndiaye, le nouveau ministre de l'Education nationale, l'exact opposé de Jean-Michel Blanquer, celui qui produit l'effet « waouh » annoncé pour ce gouvernement. Un ministre symbole, inattendu, dont Emmanuel Macron a choisi de faire son nouvel étendard.

« Il ne faut pas oublier que ce gouvernement est un gouvernement de transition. Sans même parler du scénario Jean-Luc Mélenchon à Matignon, après les législatives, on aura, si Emmanuel Macron a une majorité, probablement un remaniement d’ampleur, voir un nouveau gouvernement. Probablement la même Première ministre, mais des changements ministériaux assez importants, c’est toujours un classique de l’après-législative », concluait Benjamin Morel.

Un gouvernement de transition donc

Les Français décideront, en effet, les 12 et 19 juin de la couleur majoritaire dans l’hémicycle et donc de celle du gouvernement. Pas sûr pour autant que la gauche parvienne à ses fins avec l'union de la gauche, Nupes, mise en mouvement par Jean-Luc Mélenchon. Les sondages et l’histoire politique pousse à en douter, les Français donnant en général une majorité au président qu’ils viennent d’élire, rappelle Lucile Gimbert, du service politique.

Mais même s'il obtient sa majorité, il est fort probable qu’Emmanuel Macron remaniera en profondeur son exécutif au lendemain du scrutin, justement pour en refléter la tendance. D’ici là, les nouveaux ministres auront peu de lumière sauf à être eux-mêmes candidats. Ils n’ont que ce week-end pour peser dans la bataille des législatives car dès lundi, la période de réserve entre en vigueur. Le président a donc pris le risque minimum et reconduit sa garde rapprochée pour s’éviter les couacs d’ici au rendez-vous des urnes.

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