France: les points-clés du plan de déconfinement du gouvernement

Ce jeudi 7 mai, Edouard Philippe a confirmé le début de la levée progressive du confinement sur l'ensemble du territoire métropolitain à partir du 11 mai, mais avec des restrictions strictes, notamment à Mayotte et en Île-de-France.

C'est entouré de ses ministre qu'Edouard Philippe s'est exprimé ce jeudi pour faire un point sur la lutte contre l'épidémie de coronavirus en France et la levée progressive du confinement sur l'ensemble du territoire. 

« Nous allons débuter lundi prochain un processus très progressif, au minimum sur plusieurs semaines, qui va permettre au pays de sortir doucement, mais sûrement du confinement que nous connaissons en France depuis le 17 mars », a déclaré le Premier ministre lors de la conférence de presse à Matignon.

La France coupée en deux 

Edouard Philippe a cependant précisé que la France était « coupée en deux » selon les situations sanitaires entre départements « verts » et « rouges » qui auront des mesures différenciées, et appelé au maintien strict des gestes de protection.

Les régions d'Île-de-France, les Hauts-de-France, le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté sont en zone rouge. Pour ces régions, le déconfinement sera possible, mais avec le maintien de la fermeture des collèges et des parcs. 

En Île-de-France, le nombre de cas de personnes contaminées au coronavirus « baisse »  mais « reste plus élevé que nous l'espérions », a expliqué Edouard Philippe. À Mayotte également, le niveau de cas est faible, mais en augmentation et nécessite donc une vigilance particulière. L'île connaîtra un déconfinement retardé.

Pour ce qui est des personnes vulnérables, le Premier ministre précise qu'il n'y aura pas de confinement obligatoire après le 11 mai, mais il demande aux personnes « âgées ou malades de pathologies comme l'obésité, le diabète » ou souffrant « d'insuffisance respiratoire » de « conserver dans toute la mesure du possible des règles de prudence très strictes », comme « celles des deux derniers mois ».

Le ministre de la Santé a également précisé qu'il n'y aura pas de déconfinement dans les Ehpad à partir du 11 mai.

Un dépistage massif sur tout le territoire 

La France « est prête pour tester massivement » les personnes présentant des symptômes du coronavirus ainsi que celles avec lesquelles elles ont été en contact, à partir du début du déconfinement le 11 mai. C'est ce qu'a annoncé le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Le gouvernement a diffusé pour la première fois une carte de France des capacités par départements en tests virologiques, clé du déconfinement, car ils doivent permettre d'isoler tous les malades. Toute la France est en vert, ce qui signifie que « la capacité de dépistage est aujourd'hui au niveau des besoins estimés » à 700 000 tests par semaine, selon le ministre de la Santé. 

Le port du masque obligatoire dans les transports en communs

Le port du masque sera obligatoire dans les transports en commun pour tous les passagers à partir de 11 ans. Les contrevenants seront passibles d'une amende de 135 euros, a indiqué la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne.

L'État « mettra à disposition des masques dans les premiers jours du déconfinement pour les distribuer aux personnes qui n'auraient pas pu s'en procurer », a également ajouté Elisabeth Borne.

La capacité des transports en commun sera augmenté de 50% par rapport à la normale dans les centres urbains. Sauf dans le métro parisien, où la fréquentation ne pourra dépasser les 15% pour permettre la distanciation, l'Île-de-France étant classée « rouge » . Les agents devront gérer le flux d'usagers, fermer des stations si nécessaires et aux heures de pointes, les salariés munis d'une attestation de leur employeur seront prioritaires.

Pour les déplacements inter-régionaux, les transports seront volontairement réduits à 30%. Seules les personnes en mission professionnelles ou justifiant d'un motif impérieux y auront accès sur réservation.

• Les déplacements au-delà de 100 kilomètres 

À partir du 11 mai, « il sera possible de sortir librement dans la rue sans attestation », dans une limite de 100 kilomètres « à vol d’oiseau » autour de sa résidence. Au-delà de cette limite, « une nouvelle attestation » sera nécessaire, a déclaré le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Cette nouvelle attestation sera accessible via le site internet du ministère de l'Intérieur en format papier ou numérique.

Des « contrôles seront organisés dans les gares, les aérogares ou sur certains tronçons d'autoroutes et de routes à grande circulation. Ils pourront l'être aussi à l'arrivée des destinations touristiques ». Christophe Castaner a également précisé que les contrevenants seront sanctionnés. Le montant de l'amende est fixé à 135 euros, susceptible d'augmenter en cas de récidive. 

Des restrictions aux frontières avec les pays européens seront toujours en cours « jusqu'au 15 juin au moins », a-t-il ajouté, précisant que la fermeture était maintenue avec les autres pays.

Enfin, les plages et les lacs seront rendus accessibles au cas par cas.« La règle générale reste la fermeture, mais le préfet pourra autoriser l'accès aux plages, lacs et centres nautiques sur demandes des maires », a indiqué Christophe Castaner. Pour autoriser l'accès aux plages et aux lacs, il faut qu'il y ait un dispositif et des aménagements suffisants pour garantir la distanciation physique. 

• La réouverture des écoles à partir du 12 mai 

Il s’agit d’une rentrée progressive à partir du 12 mai sur tout le territoire et ce sont les enfants les premiers concernés avec 15 élèves par classe pour les  CP et 10 pour les petits en maternelle. Ce sera sur la base du volontariat qui vaut autant pour les parents que pour les communes. À compter du 18 mai, mais seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible,  les collégiens reprendront les cours en commençant par les élèves de  6e et de 5e.

Les élèves prioritaires pour cette rentrée  sont « les élèves en situation de handicap, les enfants des personnels soignants et les enfants identifiés comme décrocheurs ou en voie de décrochage scolaire ». On estime à 4 %,  le nombre d’enfants en rupture avec l’école pendant cette période de confinement.

Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé qu'« un million d'écoliers seront accueillis par environ 130 000 professeurs » dès la semaine prochaine après le déconfinement. Ce sont entre « 80% et 85% » des 50 500 écoles de France qui seront ouvertes, « dès le 12 mai », a précisé le ministre. Il a ajouté toutefois qu’il peut y avoir autant de scénarios que d’écoles. Le ministre a dit souhaité que la rentrée se fasse d’une manière appropriée en tenant compte des contraintes sanitaires, des effectifs et de la spécificité des locaux.

• 400 000 entreprises ouvriront leurs portes le 11 mai 

Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, a déclaré que « 400 000 entreprises qui représentent 875 000 emplois vont rouvrir ». « Ce sont 77 000 salons de coiffure, 33 000 commerces d'habillement, 15 000 fleuristes, 3 300 libraires qui vont rouvrir, c'est la vie sociale et économique qui va pouvoir redémarrer .» 

Les centres commerciaux de plus de 40 000 m² pourront ouvrir, sauf en Île-de-France.

Le ministre de l'Économie a également précisé que les entreprises qui ont fermé pendant le confinement seraient exonérées de charges patronales. « Les charges sociales patronales de mars, avril et mai seront totalement supprimées pour tous les secteurs contraints à une fermeture administrative ».