France: le fondateur d'un groupuscule d'ultradroite condamné à neuf ans de prison

·2 min de lecture

Le tribunal de Paris a condamné ce mardi 12 octobre Logan Nisin, le jeune fondateur du groupuscule d'ultradroite OAS, pour Organisation des armées sociales, à neuf ans d'emprisonnement ferme avec maintien en détention, lors du premier procès pour terrorisme jugé en France depuis 2017.

En plus de son fondateur de l'OAS, le tribunal a aussi reconnu coupables d'« association de malfaiteurs terroriste » cinq autres prévenus, âgés de 23 à 33 ans, prononçant notamment une peine de huit ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt pour Thomas Annequin, le numéro deux du groupuscule Organisation des armées sociales. Le parquet avait requis dix ans d'emprisonnement contre Logan Nisin.

« Loin d'un projet politique fantasmé », la « nouvelle OAS » a été conçue en « calquant la structure de l'Organisation de l'armée secrète de 1961 », groupe politico-militaire responsable d'une répression sanglante dans les années 1960 contre l'indépendance de l'Algérie, a estimé le président de la chambre en lisant son jugement.

►À lire aussi : Comment la violence d’extrême droite a resurgi en Europe

Dans ce dossier, « tout atteste de l'imminence du passage à l'acte », « l'OAS a été créée comme une armée de défense prête le cas échéant à déstabiliser les institutions », « à fracturer le corps social », a poursuivi le magistrat, en rappelant ses « appels à la rébellion », ses « incitations à tuer » ou ses projets de racket d'entreprises pour financer des armes.

Sept enquêtes ouvertes depuis 2017

Tout au long des deux semaines du procès, les membres du groupe ont assuré qu'ils ne seraient jamais passés à l'acte, en renvoyant la responsabilité à son fondateur Logan Nisin. « Leur responsabilité personnelle ne saurait être diluée dans une stratégie globale désincarnée : ils ont tous, et collectivement, incarné l'OAS », a jugé le tribunal, les reconnaissant tous coupables.

La décision du tribunal correctionnel de Paris était très attendue : le dossier OAS est le premier à être jugé sur les sept enquêtes ouvertes par le parquet antiterroriste depuis 2017 concernant des projets d'attentats d'ultradroite. Dans son réquisitoire, la procureure avait exhorté le tribunal à mesurer la « portée significative » de son jugement, qu'elle voulait exemplaire pour contrer la « montée en puissance exceptionnelle de la menace portée par la mouvance d'ultradroite ».

(Avec AFP)

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles