France: face à la pénurie de travailleurs, les saisonniers en renfort

Depuis l'arrivée de la pandémie de Covid-19, le monde de la restauration est confronté à une pénurie de personnel. À l'approche de l'été, les touristes se font toujours plus nombreux et pourtant 200 000 postes de saisonniers pourraient rester vacants.

Pour pallier ce manque, la branche saisonniers de l'UMIH (l'Union des Métiers des Industries de l'Hôtellerie) a proposé au gouvernement de recruter 4 000 saisonniers tunisiens. L'Umih envisage d'embaucher des jeunes Tunisiens diplômés d'écoles spécialisées de l'autre côté de la Méditerranée et qui ne trouveraient pas de travail dans leur pays.

Une solution accueillie sans beaucoup d'enthousiasme par les restaurateurs parisiens comme Nicolas, chef cuisinier du restaurant L'Accolade, qui s'affaire à hacher de la ciboulette, l'air dubitatif. « J’ai d’autres préoccupations que de savoir si ce sont des Tunisiens, des Marocains… , confie t-il au micro de Marine Salaville du service Économie. Si le mec ne trouve personne pour bosser, je ne sais pas.

Moi j’ai cherché un second pendant six mois, je n'ai trouvé personne parce qu'ils ne veulent pas bosser le soir… Je ne sais pas si c’est une bonne solution ou pas. S'il le fait, c'est que, pour lui, c’est une bonne solution je pense

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Pour le maître d'hôtel, Malick, cette initiative ressemble beaucoup à celle qui avait conduit la Corse, en octobre 2020, à embaucher 900 ouvriers marocains en contrats courts, pour venir récolter des clémentines. « Moi ça ne me dérange pas, mais c’est un peu "on les prend, on a besoin de vous, et après vous repartez." Ce sont des CDD. "On a besoin de vous, merci, au revoir !" »

« Il faut savoir comment, est-ce qu’on a envie de prendre des gens, des personnes qui veulent travailler, que ça ne dérange pas de travailler et voir après ce qu’il y a à faire dans le futur », continue Malick.

Youssef est serveur. Pour lui, il s'agirait d'abord de former les Français au chômage. « Je ne suis pas contre qu’ils ramènent des étrangers, moi ça ne me dérange pas, mais après les gens qui sont là, qui sont au RSA, au chômage, ils vont faire quoi ?, demande Youssef. Ils n’ont pas tous changé de métier pendant le confinement, c’est faux. À mon avis, c’est parce qu’ils sont bien payés au chômage. » Le serveur se dit également inquiet d'un éventuel décalage entre ces saisonniers tunisiens et les habitudes de la restauration française.

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