France: les féministes manifestent contre les nominations de Darmanin et Dupond-Moretti

La rentrée du nouveau gouvernement français, ce mardi, aura été ponctuée de manifestations féministes à Paris. Les nominations de Gérald Darmanin et d'Éric Dupond-Moretti provoquent la colère des féministes. Le premier est accusé de viol, le second a critiqué le mouvement mondial #Me too. Reportage devant l'église de la Madeleine à Paris.

Elles sont une cinquantaine, habillées de noir, venues, disent elles, enterrer la grande cause nationale du quinquennat : l'égalité hommes-femmes.

Lou Chénet brandit au-dessus de sa tête, un immense aigle de tissu noir. « C'est un oiseau de mauvais augure », dit-elle.

Le nouveau ministre de l'Intèrieur, Gérald Darmanin, a bénéficié d'un non lieu en 2018, après une plainte pour viol, mais la cour d'appel de Paris a ordonné le mois dernier la reprise des investigations.

Cette militante féministe ne comprend pas le choix du gouvernement. « On a déjà des problèmes à déposer plainte quand on est victime de viol, on le sait, alors en nommant quelqu'un qui a une enquête ouverte contre lui, on est en train de dire " mais en fait on s'en fout, c'est pas grave d'être visé par une enquête pour viol. C'était juste çà en fait ". »

Dans le collimateur des manifestantes également, le tout nouveau ministre de la Justice. Éric Dupond-Moretti n'avait pas caché, en 2018, son aversion pour les mouvements #MeToo et #balancetonporc.

« Il veut à tout prix faire taire les féministes pour venir affirmer un droit des hommes à disposer du corps des femmes. Notamment le fait qu'il ait dit que certaines femmes regrettaient de ne plus être sifflées dans la rue. Je ne sais pas qui sont ces " certaines femmes ", mais lui il est le porte-parole de ces " certaines femmes ". Si c'est lui aujourd'hui qui va venir défendre le gouvernement, on s'attend au pire », commente Laurène Questio, membre du Collectif national pour le droit des femmes.

Avant de se disperser, les manifestantes ont déposé des roses sur un cercueil improvisé en se donnant rendez-vous très vite pour exprimer à nouveau leur colère.

En début de journée, une vingtaine de militants ont tenté de se réunir devant les grilles du ministère de l'Intérieur lors de la passation de pouvoir avant d'être stoppés par les forces de l'ordre.

Un peu plus tard trois Femen ont réussi à s'approcher du palais de l'Élysée où se tenait le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement, avant d'en être éloignées.

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