La France a expulsé 2700 étrangers délinquants depuis le début de l'année

Gérald Darmanin s'exprime dimanche 5 juin 2022 au lendemain des intempéries qui ont touché une grande partie de la France - BFMTV
Gérald Darmanin s'exprime dimanche 5 juin 2022 au lendemain des intempéries qui ont touché une grande partie de la France - BFMTV

La polémique autour de l'agression de trois policiers il y a une semaine dans le quartier de La Guillotière ne cesse d'enfler. Après la communication précipitée du ministre de l'Intérieur sur l'interpellation d'un suspect, depuis mis hors de cause, Gérald Darmanin se voit critiqué par l'opposition pour sa gestion des étrangers en situation irrégulière, accusé par le Rassemblement national d'avoir "la main molle".

Ce mardi matin, le ministre de l'Intérieur, par l'intermédiaire d'un tweet a affirmé sa volonté d'accélérer "les éloignements des étrangers en situation irrégulière". Il annonce alors sur RTL une loi à la rentrée pour lever "toutes les réserves" législatives empêchant l'expulsion du territoire des étrangers délinquants, comme le fait d'avoir contracté un mariage ou d'être entré sur le territoire avant un certain âge.

Moins de 10% des OQTF appliquées

Alors qu'Emmanuel Macron a fait comme promesse de campagne une exécution à 100% des OQTF, les obligations de quitter le territoire, en 2020, moins de 10% des ces mesures, prises par les préfets, ont été appliquées. "Au premier semestre 2022, on a augmenté de 25% (par rapport au premier semestre 2021) le nombre de personnes qui sont expulsées", s'est félicité le ministre. Les autorités ont ainsi procédé à 9.685 sorties de territoire.

"On est à 25% de gens qui ont des mesures de quitter le territoire qui s'en vont, a-t-il encore assuré sur RTL. Ce qui est vrai c'est que nous devons améliorer ces expulsions.

Selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur, 2.751 étrangers délinquants en situation irrégulière ont été expulsés depuis octobre 2020. Dans le détail, 25% étaient liés au trafic de stupéfiants, 35% auteurs de violences conjugales. 770 étrangers étaient connus pour des faits de radicalisation. "Notre main ne tremble pas", martèle Gérald Darmanin.

Crise sanitaire et diplomatique

Cette forte augmentation des chiffres annoncée par le ministre est toutefois à nuancer alors qu'il y avait eu un quasi-arrêt des expulsions en raison de la crise sanitaire et la fermeture des frontières. Là où les expulsions vers certains pays du Maghreb et d'Afrique ont augmenté de 51% sur le premier semestre de l'année, par rapport à la même époque l'an dernier, ils avaient considérablement baissé en 2021.

En cause: la crise diplomatique entre la France et les trois pays du Maghreb, l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Entre janvier et juillet 2021, seulement 22 Algériens avaient été expulsés - soit un taux d'exécution de 0,2% - contre 385 l'année précédente et 1.677 en 2019. La chute était observable de la même manière pour les ressortissants marocains et tunisiens.

La France avait tenté de faire pression sur les gouvernements de ces pays, jugés peu coopératifs sur la réadmission de leurs ressortissants expulsés par Paris, en réduisant drastiquement le nombre de visas accordés. Au-delà de certains critères empêchant l'expulsion des étrangers en situation irrégulière, le ministre de l'Intérieur rappelait que la France n'expulse pas vers les pays en guerre comme la Syrie ou l'Afghanistan.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles