France: devant les patrons, Le Maire sonne le glas du «quoi qu'il en coûte»

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Le ministre français de l'Économie a annoncé la fin du « quoi qu'il en coûte », devant les chefs d'entreprises réunis mercredi 25 août 2021 à l'hippodrome de Longchamp, à Paris, pour la Rencontre des entrepreneurs de France de l'organisation patronale Medef.

Bruno Le Maire l'affirme : le gouvernement français va cesser de soutenir l’ensemble des secteurs économiques, comme il le fait quasiment sans compter depuis le début de la crise sanitaire, en 2020.

Certes, les risques du variant Delta planent toujours. Mais les chiffres le disent, l'activité reprend. Maintenant que les perspectives de croissance sont à 6 %, le ministre dit espérer que les entreprises feront un geste envers les salariés, pour améliorer leur sort.

Bruno Le Maire, ministre français de l'Économie

Il y a des Français qui travaillent, qui travaillent beaucoup, qui ont un niveau de qualification faible, qui travaillent dans des métiers qui sont difficiles, qui sont contraignants du point de vue des horaires. Ils doivent avoir la juste rémunération de leur travail. Donc, je reste très constant sur ce sujet, je ne lâche rien sur ce sujet, nous devons ouvrir ce débat.

Le locataire de Bercy parle des métiers en tension, comme ceux de la restauration par exemple. Mais même en dehors de ces secteurs, Jérôme Ripoll, spécialiste du dialogue sociale en entreprise, pressent que les salariés ont du mal à se faire entendre.

« Une fois par an, les entreprises ont ce qu'ils appellent les NAO, les négociations annuelles obligatoires, explique-t-il. Quand j'en discute avec l'ensemble des partenaires sociaux, quelles que soient les centrales syndicales d'ailleurs - CFE, CGC, CFDT, FO ou UNSA - ils trouvent que d'un point de vue de l'augmentation individuelle, générale, ils ne s'y retrouvent pas. »

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Si les affaires ont repris pour nombre d'entre elles, les entreprises s'attendent à une rentrée difficile, entre des attentes sociales fortes et un contexte sanitaire qui reste très incertain.

Mais le secrétaire-général de Force ouvrière Yves Veyrier tire la sonnette d'alarme face au tandem Bruno Le Maire-Medef : « Je m’inquiète de ce discours en stéréo : le ministre dit que le "quoi qu’il en coûte", c’est fini, et le Medef répond (…). Attention à ce que le "quoi qu’il en coûte" ne devienne pas un "quoi qu’il en coûte" aux salariés, au prétexte qu’il va falloir maintenant payer le coût de la crise Covid-19. »

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