France: devant la commission, Agnès Buzyn défend sa gestion de la crise sanitaire

Anticipation, préparation, réactivité. L'ancienne ministre de la Santé a martelé ces mots tout au long des quelque 4 heures d'audition devant la commission d'enquête ce mardi 30 juin pour défendre son action. Elle, qui est médecin de formation, affirme s'être inquiétée très tôt et avoir agi en conséquence.

« Vous ne pouvez pas dire qu'on n'a pas été réactifs », a martelé l'ex-ministre de la Santé devant la commission d'enquête chargée d'évaluer la gestion de l'épidémie. L'« anticipation » face à l'épidémie de coronavirus a été « sans commune mesure avec les autres pays européens » et « toujours en avance » par rapport aux alertes des organisations internationales, a-t-elle assuré, citant les décisions prises avant même que l’OMS ne déclare l'urgence de santé publique de portée internationale le 30 janvier.

Agnès Buzyn a confirmé avoir alerté l'Élysée et Matignon « autour du 11 janvier », comme elle l'avait évoqué dans des propos polémiques au Monde mi-mars. Elle assure avoir ensuite « pressenti » dès le 22 janvier la potentielle gravité de l'épidémie, demandant un état de lieux de tous les stocks d'équipements de protection, et notamment de masques, ainsi que du nombre de lits de réanimation et de respirateurs, et avoir lancé une première commande d'un million de masques FFP2, plus protecteurs, absents de stocks stratégiques d'États.

À l'agence Santé publique France, elle demande d'élaborer « trois scénarios d'évolution de l'épidémie » et au consortium de recherche Reacting, de préparer « un protocole de recherche » avec les médicaments potentiels déjà disponibles, ajoute-t-elle.

« Je n'ai à aucun moment sous-estimé le risque et j'ai préparé notre système de santé » avant de quitter le ministère, le 16 février, pour rejoindre la campagne des municipales à Paris, a-t-elle encore affirmé devant la commission d'enquête, qui a déjà entendu tous les directeurs généraux de la Santé depuis 2003 et plusieurs experts et chercheurs.

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(avec AFP)