La France de demain se détourne du vin

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En France, le vin est en déclin, alerte la presse britannique. Le secteur déplore le manque de transmission du plaisir de déguster une bonne bouteille par les anciennes générations aux jeunes, qui, eux, préfèrent l’eau ou la bière.

Les Français boivent de moins en moins de vin. À tel point que le secteur tire la sonnette d’alarme, tout en désignant des coupables, ce qui a fini par attirer l’attention de la presse outre-Manche, toujours avide de nouvelles gastronomiques en provenance de l’Hexagone. “La viticulture française s’inquiète de voir les jeunes se tourner vers la bière”, titre un brin ironique le Times de Londres.

À l’origine des inquiétudes relevées par le quotidien britannique : Samuel Montgermont, président de Vin & Société, et Bernard Farges, président du Comité national des vins à appellation d’origine. Depuis décembre, ils alertent sur l’érosion de la consommation de vin hexagonale. En soixante ans, elle aurait chuté de 70 %, passant de plus de 120 litres par an et par personne en 1960 à moins de 40 litres par an en 2020.

Une culture en voie de disparition ?

Et la tendance s’accentue. En effet, la consommation de vin est la plus faible chez les jeunes de moins de 35 ans, qui préfèrent l’eau ou la bière pour accompagner leur dîner. Ce qui revient à “abandonner la culture historique de la consommation de vin en France”.

“Les gens sont de plus en plus nombreux à ne pas boire d’alcool, à en croire une enquête récente qui révèle que le marché des boissons non alcoolisées se développe plus rapidement en France que partout ailleurs en Europe”, indique le quotidien.

Chez les confrères du Daily Telegraph, on pointe les responsables tels qu’ils sont désignés par l’industrie du vin. “Les vétérans de l’œnologie française manquent à leur devoir patriotique en se montrant incapables de transmettre leur amour d’un bon millésime à la génération suivante”, rapporte le quotidien, un brin malicieux, en évoquant les “lamentations” du secteur. “Longtemps, la bouteille de vin a occupé la place d’honneur lors des repas de famille en France”, poursuit le journal conservateur. Mais les mentalités évoluent, au point de mettre tout le secteur en péril.

Une nécessaire remise en question

Un certain désamour des Français n’est cependant pas la seule cause des difficultés du secteur français du vin. Début décembre, le collectif des viticulteurs de Bordeaux a demandé à l’État une aide de 10 000 euros par hectare, “leur plus grande revendication en près de vingt ans”, alors que la consommation est freinée par “l’arrêt des exportations vers la Chine, qui a entraîné une chute vertigineuse des prix dans la région”.

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