France: Darmanin défend la loi controversée sur la sécurité globale

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FRANCE: DARMANIN DÉFEND LA LOI CONTROVERSÉE SUR LA SÉCURITÉ GLOBALE
FRANCE: DARMANIN DÉFEND LA LOI CONTROVERSÉE SUR LA SÉCURITÉ GLOBALE

PARIS (Reuters) - Gérald Darmanin a défendu avec vigueur mardi un article controversé d'une proposition de loi sur la sécurité globale interdisant de filmer des membres des forces de l'ordre dans l'intention de nuire à leur intégrité "physique ou psychique".

Cet article 24 de la proposition de loi, dont l'examen doit débuter dans la soirée à l'Assemblée nationale, est dénoncé par les syndicats de journalistes et les groupes de défense des droits de l'homme qui estiment qu'il restreindra la liberté d'expression.

S'exprimant lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur a rejeté cet argument avec virulence.

"Est-ce que les journalistes pourront continuer à filmer ? La réponse est oui. Pourront-ils continuer à diffuser ? La réponse est oui. Est-ce qu'un citoyen pourra filmer une intervention de police ? La réponse est oui. Pourra-t-il le dénoncer au procureur de la République ? La réponse est oui."

"Mais pourra-t-on désormais faire des appels au viol sur des policières, pourra-t-on faire des appels au meurtre sur des policiers? (...) Non, et tant mieux que l'article 24 soit adopté", a martelé Gérald Darmanin en mentionnant l'exemple des "policiers de Magnanville qui ont été égorgés (en 2016, NDLR) devant leur enfant de six ans parce qu'on les a reconnus".

Le vote final sur la proposition de loi doit avoir lieu mardi prochain.

En l'état actuel, LaRem, ainsi que LR et l'UDF vont voter pour, toute la gauche votera contre tandis que le Modem est divisé sur la question, en raison notamment des articles 21 et 24.

Amnesty International ainsi que les principaux syndicats de journalistes ont appelé à un rassemblement mardi après-midi derrière l'Assemblée nationale contre cette proposition de loi qu'ils jugent liberticide.

"En pratique, cette loi conduira à davantage d'interpellations et de violences, comme c'est déjà trop souvent le cas aujourd'hui", déplorent ces organisations dans un appel.

"Comment caractériser l'intention ? L'autocensure, face à la peur d'être arrêté et poursuivi, ne deviendra-t-elle pas la règle, la norme ?", poursuivent-elles à propos de la formulation de l'article 24.

"En revanche, toujours selon la proposition de loi sur la sécurité globale, les membres des forces de l'ordre pourront filmer ou photographier la population (article 21). La démarche des député.e.s LREM, qui relaient la volonté du gouvernement, est claire : museler la presse, la liberté d'informer, la liberté d'expression et la liberté de manifester."

Un autre rassemblement est envisagé samedi sur le parvis du Trocadéro avec des associations humanitaires et des groupes de défense des droits de l'homme.

(Jean-Stéphane Brosse, avec Elizabeth Pineau, édité par Jean-Michel Bélot)