France-Danemark: après le fiasco, le stade de France en configuration classique

Six jours après le fiasco de Real Madrid-Liverpool, le stade de France accueille une nouvelle rencontre de football: France-Danemark. Un match qui sera scruté de près, mais pour lequel c'est un dispositif sécuritaire classique qui a été choisi (photo prise le 28 mai lors des incidents en marge de la finale de Ligue des champions). (Photo: Matthias Hangst / Getty Images)
Six jours après le fiasco de Real Madrid-Liverpool, le stade de France accueille une nouvelle rencontre de football: France-Danemark. Un match qui sera scruté de près, mais pour lequel c'est un dispositif sécuritaire classique qui a été choisi (photo prise le 28 mai lors des incidents en marge de la finale de Ligue des champions). (Photo: Matthias Hangst / Getty Images)

Six jours après le fiasco de Real Madrid-Liverpool, le stade de France accueille une nouvelle rencontre de football: France-Danemark. Un match qui sera scruté de près, mais pour lequel c'est un dispositif sécuritaire classique qui a été choisi (photo prise le 28 mai lors des incidents en marge de la finale de Ligue des champions). (Photo: Matthias Hangst / Getty Images)

FOOTBALL - C’est le match d’après. Ce vendredi 3 juin, à 20h45, l’équipe de France de football de Kylian Mbappé et Karim Benzema accueille le Danemark dans la cadre de la Ligue des Nations, compétition dont elle est tenante du titre. Un match de fin de saison pourtant loin d’être anodin du fait de son organisation au stade de France moins d’une semaine après le fiasco de la finale de Ligue des champions entre le Real Madrid et Liverpool.

Entre les retards de supporters provoqués par un système de filtrage déficient, le nombre important de faux billets qui auraient été présentés aux différents points de contrôle, les violences commises contre le public par des individus extérieurs à la rencontre et l’usage disproportionné de la force contre les fans anglais admis par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, nombreux sont les “dysfonctionnements” à faire oublier ce vendredi.

Pour autant, aucun dispositif surdimensionné ne sera mis en place même si l’objectif sera de rassurer le public quant à sa sécurité. La rencontre ne fait effectivement l’objet d’aucune vigilance particulière, seuls 1800 Danois étant attendus à Saint-Denis pour cette rencontre. Difficile, cela étant, d’imaginer que les autorités ouvrent la porte au moindre débordement, surtout que de nombreux supporters des Bleus ont déjà évoqué leur inquiétude quant au déroulé du match et à l’accès au stade.

Après une réunion qui avait lieu mercredi 1er juin entre la préfecture de police et la Fédération française de football pour fixer définitivement le système d’accueil des supporters, c’est ainsi un dispositif classique qui a été choisi. Le plan prévu avant la finale de Ligue des champions a ainsi été maintenu.

Moins de sécurité que pour la Ligue des champions

Même si le stade de France affichera complet, avec quelque 77.000 spectateurs comme lors de Liverpool-Real, 1270 agents de sécurité seront mobilisés par les organisateurs de la rencontre pour effectuer des fouilles de “pré-filtrage”, mais pas vérifier une première fois les billets. Un chiffre habituel pour ce genre d’événement. Lors de la finale de Ligue des champions, ils étaient quasiment 400 de plus, a précisé la Fédération française de football.

Quant aux forces de l’ordre, ce sont un peu plus de 2000 policiers et gendarmes, dont 650 dédiés à la lutte contre la délinquance aux abords du Stade de France, qui seront mobilisés ce vendredi soir, a annoncé jeudi la préfecture de police de Paris (PP).

La préfecture de police de Paris a diffusé un communiqué donnant le détail de ce dispositif à l’issue d’une réunion au ministère de l’Intérieur qui y était consacrée. Cette réunion a rassemblé autour du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, et ses services, selon une source proche du dossier.

La PP a précisé qu’elle mettait en place ce vendredi un dispositif “orienté sur l’ordre public, la lutte anti-délinquance et la régulation des flux de personnes”. En outre, a-t-elle ajouté, “afin de contenir l’impact de la grève annoncée à la RATP, un dispositif spécifique de régulation des flux est mis en place à la sortie du RER D”.

Le périmètre de protection du stade sera mis en place “dès 15h”. “La vérification des billets, sous le contrôle de l’organisateur, sera réalisée au niveau des bornes d’accès. Les forces de sécurité veilleront en amont et sur le parvis au maintien de l’ordre et de la sécurité publics”, a détaillé la PP.

Les billets papiers conservés

“C’est un match extrêmement classique comme on en organise plusieurs fois par année depuis 20 ans”, a insisté auprès de l’AFP Mathieu Hanotin, le maire de Saint-Denis. Et d’ajouter que le dispositif serait “normal” et qu’il a “déjà fait ses preuves”. Du fait du Covid, les Bleus n’ont plus reçu de public au Stade de France depuis la fin 2019 face à la Turquie et à la Moldavie, mais cela fait près de 25 ans qu’ils disputent des matches à Saint-Denis.

Par ailleurs, alors que Gérald Darmanin et la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera tentent de faire porter la responsabilité de l’échec de la finale sur une quantité “industrielle” de faux billets qui auraient perturbé le dispositif, le tout numérique ne sera pas adopté pour France-Danemark. Selon la FFF, une certaine proportion des places (“moins de 10%”) seront en papier ce vendredi.

Après les images de samedi, un autre aspect qui sera scruté de près est celui de l’accès au stade de France. Comme pour la finale de C1, plusieurs syndicats de la RATP ont effectivement lancé un appel à la grève sur le RER B. Lors du match entre Liverpool et le Real Madrid, ce mouvement de grève à l’impact pourtant relatif est accusé d’avoir contribué au désordre, de nombreux supporters s’étant rabattus sur la ligne D, par conséquent très encombrée au moment d’arriver vers l’enceinte.

“Le fiasco du 28 mai a engendré une médiatisation mondiale et la direction porte l’entière responsabilité des problèmes d’acheminements des supporteurs au Stade de France”, ont écrit les syndicats CGT, Unsa et “La Base” dans leur communiqué appelant à la grève pour dénoncer le sous-effectif et réclamer une prime de 1500 euros pour les conducteurs.

Des efforts pour faciliter l’accès au stade

Néanmoins, la RATP a garanti que le trafic serait “quasi normal” ce samedi sur le RER B, ligne dont seule la partie sud est gérée par la régie des transports, le nord étant exploitée par la SNCF, qui ne fait face à aucun mouvement de grève. À ce propos, la société qui gère les transports en commun en Île-de-France a d’ailleurs fait savoir que “l’interconnexion” serait préservée à Gare du Nord, ce qui signifie que les voyageurs arrivant sur sud n’auront pas besoin de changer de train pour se rendre jusqu’au stade de France.

Par ailleurs, après les critiques quant à un défaut d’information dont se plaints les supporters anglais samedi, la RATP a déjà annoncé qu’elle prévoyait “un important plan d’information” à destination des voyageurs, en particulier pour leur rappeler que les lignes 12 et 13 du métro fonctionnent, en plus du RER.

La FFF a de la même manière assuré que les forces de l’ordre mobilisées participeraient à orienter le flux de spectateurs depuis les transports en commun. Selon Le Parisien, une vingtaine d’équipages de la Bac, de nombreuses sections de Brav (dont une motorisée) et plus d’une centaine de policiers en civil devront en outre prévenir les agressions aux abords du stade et sur les différentes voies d’accès à l’enceinte. Une mobilisation, écrit le quotidien francilien, qui vise à rassurer le public autant qu’à décourager de possibles agresseurs.

À noter enfin que ce mouvement social intervient alors que la situation sur les axes routiers devrait être rendue difficile par les départs en weekend à l’occasion de la Pentecôte.

Malgré cela, les autorités s’attendent à ce que la polémique sur la finale de Ligue des champions s’éteigne d’elle-même, notamment grâce à un France-Danemark qui devrait se dérouler sans accroc. Fidèle à la rhétorique du gouvernement, un ministre glissait ainsi au Journal du Dimanche ce jeudi 2 juin: “Il n’y aura pas de problème (vendredi au stade de France), parce qu’il n’y aura pas de supporters de Liverpool.” Pas sûr que les intéressés, déjà très remontés, apprécient.

À voir également sur le HuffPost: Ces supporters de Liverpool dégoûtés par le “désastre” au Stade de France

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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