France: Le couvre-feu perd en efficacité face à l'épidémie, dit Véran

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FRANCE: LE COUVRE-FEU PERD EN EFFICACITÉ FACE À L'ÉPIDÉMIE, DIT VÉRAN

PARIS (Reuters) - Le couvre-feu imposé en France pour lutter contre le coronavirus n'est plus assez efficace pour enrayer l'épidémie, a déclaré jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran.

Le gouvernement étudie depuis plusieurs jours plusieurs scénarios visant à renforcer le dispositif sanitaire, par crainte d'une nouvelle flambée de cas en raison de la propagation de nouveaux variants très contagieux du COVID-19.

"Globalement, le couvre-feu à 18 heures a une efficacité", a déclaré lors d'une conférence de presse Olivier Véran.

"A l'évidence, cette efficacité s'estompe et à l'évidence, cela ne suffit pas à faire reculer le virus", a-t-il ajouté, précisant que les nouvelles contaminations augmentaient d'environ 10% par semaine en moyenne depuis trois semaines.

"Nous sommes sur un plateau montant", a observé le ministre de la Santé, faisant état d'une augmentation de la tension sanitaire et de la pression hospitalière au cours des deux dernières semaines.

Cette pression hospitalière s'est néanmoins relativement stabilisée jeudi, avec 27.128 patients traités pour COVID-19, dont 3.101 en réanimation, soit respectivement trois de moins et quatre de plus que la veille. La France a toutefois enregistré 23.770 nouvelles contaminations, bien loin du seuil des 5.000 évoqué à la sortie du précédent confinement en novembre-décembre.

"Malgré tous nos efforts, les variants circulent activement en France", a ajouté Olivier Véran. "Nous voulons éviter une épidémie dans l'épidémie."

Parmi les options sur la table, indiquaient la veille à Reuters plusieurs sources dans la majorité, figurent un confinement le week-end, une limitation des déplacements entre régions ou encore un allongement des vacances scolaires d'hiver, qui commencent le samedi 6 février pour la zone A.

A l'issue de concertations jeudi après-midi à Matignon avec les présidents des groupes parlementaires à l'Assemblée nationale et au Sénat et avec des représentants d'élus locaux, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a fait état de consensus "autour de la fragilité de la situation épidémique" et sur "la nécessité de prendre des mesures supplémentaires pour freiner la circulation du virus dans les prochains jours".

Si un nouveau confinement devait être décidé, un débat et un vote seraient organisés au Parlement, a-t-il annoncé.

(Nicolas Delame, Blandine Hénault et Bertrand Boucey)