Castex détend le calendrier sur les retraites et l'assurance chômage

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CASTEX DÉTEND LE CALENDRIER SUR LES RETRAITES ET L'ASSURANCE CHÔMAGE
CASTEX DÉTEND LE CALENDRIER SUR LES RETRAITES ET L'ASSURANCE CHÔMAGE

PARIS (Reuters) - Jean Castex a annoncé vendredi qu'il reporterait les négociations sur la réforme des retraites et l'entrée en vigueur de la réforme de l'assurance chômage à janvier 2021 pour donner la priorité à la relance et à l'emploi, répondant ainsi aux demandes des syndicats et du patronat.

Le Premier ministre, qui veut faire du dialogue social un marqueur de son passage à Matignon, recevait l'ensemble des partenaires sociaux afin d'élaborer une méthode et un calendrier de discussions sur les prochains chantiers sociaux du quinquennat.

"Il était important dans les circonstances tout à fait exceptionnelles que traverse notre pays (…) de montrer au peuple français que le dialogue existe", a-t-il dit. "La priorité des priorités, désormais, c’est la lutte contre la crise."

Il a proposé de décaler les discussions sur la réforme des retraites au début de l'année prochaine, en distinguant bien la question de la mise en place du régime universel des sujets de financement, alors que le déficit des régimes devrait atteindre 29,4 milliards d'euros à la fin 2020.

La question du redressement des comptes ne disparaît pas pour autant. Elle sera traitée dans le cadre d'une concertation plus large, sur le retour à l'équilibre du système de Protection sociale, qui s'ouvrira à l'automne.

Jean Castex a aussi annoncé aux partenaires sociaux le report au 1er janvier 2021 de l'entrée en vigueur des dernières mesures de la réforme de l'assurance chômage, notamment l'application du nouveau calcul de l'allocation, plus contraignant pour les personnes alternant périodes d'activité et de chômage.

Il a aussi promis de suspendre les mesures introduites en novembre 2019, ce qui revient à assouplir les conditions d'entrée dans le régime, supprimer la dégressivité des allocations pour les hauts salaires, et reporter de six mois l'entrée en vigueur du "bonus-malus", dispositif visant à pénaliser les entreprises qui abusent des contrats courts.

PARTENAIRES SOCIAUX CONQUIS

Les partenaires sociaux, qui réclamaient tous un report des discussions sur les retraites, et un amendement de la réforme de l'Assurance chômage - voire sa suppression pour les syndicats -, ont salué les annonces du Premier ministre ainsi que sa méthode.

"La CFDT sort de cet entretien en ayant la conviction qu’il y a une vraie sincérité de la part du Premier ministre sur sa volonté de dialogue social et que la priorité est placée au bon endroit (...) , c’est-à-dire l’emploi", a dit son secrétaire général, Laurent Berger à l'issue de la réunion.

Pour son homologue de la CGT, Philippe Martinez, il faut encore juger "aux actes".

Les partenaires sociaux seront sollicités dès la semaine prochaines pour discuter de l'emploi des jeunes et du plan de relance, et encore fin juillet sur la mise en oeuvre des propositions de la Concertation citoyenne pour le climat.

Ils seront attendus cet automne sur le chantier de l'autonomie, du télétravail, ou encore de la santé au Travail, un agenda que le président du Medef a jugé très chargé.

"Il y a beaucoup de choses sur la table. Il faudra à travers les discussions, essayer de se faire un calendrier du possible et pas seulement un calendrier de ce qui est du souhaitable", a dit Geoffroy Roux de Bézieux.

Jean Castex a promis de réunir les partenaires sociaux autant que de besoin. Une prochaine Conférence sur le dialogue social, sur le même modèle de celle qui s'est tenue dans les deux dernières semaines, est prévue en octobre.

(Caroline Paillez, édité par Nicolas Delame)