France-Algérie : les essais nucléaires au cœur des questions mémorielles

Par Adlène Meddi, à Alger
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Site de test nucléaire de la montagne Tena Fila à Ain Ekra, près de Tamanrasset à près de 2.000 km au sud d'Alger en février 2010. La question nucléaire est encore présente dans le domaine mémoriel entre l'Algérie et la France.
Site de test nucléaire de la montagne Tena Fila à Ain Ekra, près de Tamanrasset à près de 2.000 km au sud d'Alger en février 2010. La question nucléaire est encore présente dans le domaine mémoriel entre l'Algérie et la France.

À l'orée du Tanezrouft, le terrible « désert de la soif » embusqué dans le sud-ouest du Sahara algérien, il est difficile d'imaginer que là, à quelques encablures de la petite bourgade de Taourirt, ensevelie par l'ennui et la poussière, la France est devenue la quatrième puissance nucléaire. C'était un 13 février 1960, après son premier essai ? le plus puissant premier essai nucléaire jamais réalisé ? : l'opération Gerboise bleue et ses 70 kilotonnes de fracas et de radiations. Mais ce désert, dans la région de Reggane, n'est pas aussi désertique qu'il y paraît. L'essai nucléaire (quatre fois la puissance d'Hiroshima) s'effectue en présence de soldats et de journalistes français, d'ouvriers algériens, et tout proche (à peine 70 km) des villages alentours.

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Le nuage radioactif se propagera, en 24 heures, jusqu'en Afrique centrale, et, trois jours plus tard, atteindra les côtes espagnoles et la Sicile? Sur place, l'impressionnant cratère noir carbonisant le sol est toujours visible, même sur les images satellitaires. « Avant l'explosion, les Français nous ont demandé de sortir des maisons. Ils avaient peur qu'elles s'effondrent. Et puis, on nous a dit de nous mettre à plat ventre par terre, le bras devant les yeux », se souvenait, Mohamed Belhacen, dernier survivant de son équipe de quinze ouvriers sur le chantier de la base de Reggane, rencontré il y a quelqu [...] Lire la suite