France: à l’Assemblée nationale, des piques contre Emmanuel Macron au sujet du vaccin

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En déplacement dans le nord de la France ce mardi 23 mars, Emmanuel Macron a annoncé plusieurs mesures d’élargissement de la campagne de vaccination contre le Covid-19. Les plus de 70 ans pourront notamment recevoir des doses dès ce week-end, puis les enseignants à partir de la mi-avril. Des mesures globalement saluées par les députés, mais une certaine défiance reste de mise.

Pas convaincu, Damien Abad. Le chef du groupe Les Républicains à l’Assemblée veut du concret. « Franchement, il y en ras-le-bol des annonces. Moi, ce que je regarde, c’est le nombre de personnes vaccinées en France. Il y a moins de trois millions de Français qui ont reçu les deux doses de vaccin nécessaires », s'agace-t-il.

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C’est le même scepticisme pour le député communiste Sébastien Jumel vis-à-vis des annonces d’Emmanuel Macron. « Il me semble déjà l’avoir entendu dire qu’on n'aurait pas de problèmes pour avoir des tests, pour avoir des masques, des respirateurs et puis même pour avoir des vaccins avant qu’ils n’arrivent. Moi, je suis comme Saint-Thomas, je ne crois que ce que je vois. »

« Besoin que les ministres soient vaccinés »

Pour Eric Coquerel, membre du groupe la France Insoumise, les problèmes d’approvisionnement en vaccins des derniers mois demandent une nouvelle stratégie. « J’y croirai le jour où ils seront là. Je préfèrerais qu’on se donne tous les moyens pour diversifier la palette », explique-t-il. Et notamment autoriser le vaccin russe.

Du côté de la majorité, on applaudit au contraire des deux mains l’élargissement. Le député La République en Marche Patrick Vignal a même des suggestions : « On a besoin que les ministres soient vaccinés. Regardez Roselyne Bachelot, le monde de la culture est en feu, il faut qu’elle soit présente, Elisabeth Borne... Je vais même aller plus loin, je vais vous donner un scoop. Il faut que les préfets aussi soient vaccinés rapidement », complète-t-il.

Car la majorité en est convaincue, la campagne de vaccination entre dans une phase décisive alors que les indicateurs sanitaires continuent de se dégrader dans les régions les plus touchées.

♦ En déplacement à Valenciennes Emmanuel Macron répond aux critiques et défend sa stratégie

Les doses vont arriver, et alors tout ira mieux. C'est en tout cas qu'espère Emmanuel Macron pour faire oublier la mise en place chaotique du reconfinement de 16 départements. Avec l'ouverture prochaine de grands centres de vaccinations et l'arrivée de 13 millions de doses en avril, le président veut croire que l'augmentation de la cadence chassera aussi les critiques sur la lenteur de la vaccination. Très optimiste, il a même prédit ce mardi - lors d'un aparté avec des journalistes - un excès de doses dans 2 mois et même un manque de volontaires pour se faire vacciner.

Le chef de l'État refuse la comparaison avec les pays champions de la vaccination comme Israël ou la Grande Bretagne : la France est un grand pays et elle n'est pas une île.

Sans concéder d'erreurs, il défend aussi les mesures de reconfinement, pas assez strictes pour le corps médical. Emmanuel Macron demande « 15 jours pour vérifier » leur efficacité et - en attendant - il supplie une nouvelle fois les citoyens et les entreprises de respecter les règles édictées.

► Les enseignants pourront se faire vacciner contre le Covid-19 à partir du milieu ou de la fin du mois d’avril lorsque le nombre de doses disponibles aura augmenté, a également annoncé Emmanuel Macron. Le chef de l'État souhaite mettre en place des « campagnes ciblées sur des professions qui sont exposées ». Alain Blanchet est professeur d'histoire au Lycée st Just de Lyon, il réagit à cette annonce qu'il juge à contretemps.