Françoise Hardy : "Mes chansons m’aidaient à supporter mes douleurs"

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Aujourd’hui, l’icône de la chanson française donne les clés des paroles qu’elle a écrites pour elle et pour d’autres. «Chansons sur toi et nous », un recueil qui compile tous ses textes depuis 1962, est ponctué de ses souvenirs. Pour nous, elle revient sur son combat contre la maladie et pour l’amour, plus fort que les épreuves.

Paris Match. Quand ce projet de recueil de vos chansons est apparu, vous avez refusé: “Mes premiers textes sont trop mauvais.” Vous ne vous étiez jamais replongée dans ce moment de votre carrière?
Françoise Hardy. Non. En dehors de “Tous les garçons et les filles”, mes premières chansons inventaient des situations sans rapport avec ma vie, où il ne se passait rien. Je ne les réécoute jamais.

La guitare offerte par vos parents à l’obtention de votre bac a déterminé votre vie. Etait-ce osé, pour une jeune fille, de réclamer une guitare?
C’était très irrationnel. Jouer de la guitare, écrire des chansons et chanter ne m’avait pas effleuré l’esprit. J’imagine que ce choix m’a été dicté par un ange gardien bienveillant. D’autant que j’avais été élevée en partie par une grand-mère qui n’avait pas cessé de me rabaisser. Je me trouvais laide et me voyais devenir nonne. Ma mère espérait pour moi un grand avenir en m’inscrivant à Sciences po, sans me demander mon avis, et j’avais tout de suite eu conscience de ne pas être à la hauteur de ces étudiants élégants et brillants. Cette impression d’être une sorte de fausse note parmi les autres m’a accompagnée toute ma vie.

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L’amour consiste à s’efforcer de comprendre l’autre, à accepter sa différence. Et c’est très difficile. Une vie n’y suffit pas

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Vous ne vous sentiez pas assez cultivée, intéressante?
Je me trouvais sans intérêt et avais l’impression que celui qui s’intéressait à moi, ô Jean-Marie Périer, m’idéalisait trop. Déjà, enfant, j’avais honte de mes origines. J’ai d’abord cru mes parents divorcés, ce qui était très mal vu dans l’école religieuse où mon père avait voulu que ma sœur et moi allions. Finalement, je compris que ma mère était ce qu’on appelait une(...)


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