Françoise Hardy, artiste engagée pour l'euthanasie

Elle voulait "partir vite". Françoise Hardy, qui vient de s'éteindre à l'âge de 80 ans, se battait contre le cancer depuis 20 ans. Elle avait, en décembre, dernier exprimé son regret de ne pouvoir recourir à l'euthanasie, ne pouvant se déplacer dans un pays où l'aide à mourir est légale.

"Comme une grande majorité de Français, nous sommes tous pour l’euthanasie et aimerions que le Président en fasse une possibilité", avait-elle alors déclaré à BFMTV.

Elle souhaitait alors "partir dans l'autre dimension le plus tôt, le plus vite et le moins douloureusement possible".

Ces dernières années, Françoise Hardy avait pris la parole pour se déclarer en faveur du droit à mourir dans la dignité. En 2021, lors d'un entretien à BFMTV, elle avait assuré avoir envisagé cette issue avant de se heurter à l'interdiction.

"Je suis complètement scandalisée par tous ces gens qui empêchent quelque chose qui a été autorisé dans des pays comparables au nôtre", regrettait Françoise Hardy en avril 2021, alors qu'une proposition de loi "donnant et garantissant le droit à une fin de vie libre et choisie" était examinée à l'Assemblée nationale.

"Se mettre à la place des gens qui souffrent"

La chanteuse évoquait alors la fin de vie de sa mère, atteinte de la maladie de Charcot, une maladie neurodégénérative, et expliquait comment elle avait eu recours à l'euthanasie.

"Je suis à fond pour l'euthanasie depuis l'âge de 23 ans, et ma mère, qui souffrait de la maladie de Charcot, a pu en bénéficier, livrait-elle à BFMTV, grâce à la compréhension et au courage de deux médecins".

"J'aimerais que la loi change en France, comme dans d'autres pays européens", ajoutait-elle.

"Il faut ne pas pouvoir se mettre à la place des gens qui souffrent et qui n'ont pas l'espoir que ça va s'améliorer pour ne pas être à fond pour cette euthanasie. Je suis assez désappointée par l'attitude des politiques qui disent que les soins palliatifs, ça suffit. Non, ça ne suffit pas", indiquait-elle déjà, quelques années auparavant.

"Je l'appréhende autant que tout le monde"

Françoise Hardy, qui avait échangé avec Brigitte Macron début janvier 2024, quelques temps après avoir interpellé le président sur la question de l'euthanasie, assurait que "ce n'était en rien une demande personnelle" et qu'elle défendait cette cause "depuis toujours".

"La mort n'est que celle du corps, lequel est d'essence matérielle. En mourant, le corps libère l'âme qui est d'essence spirituelle. Mais il n'en reste pas moins que la mort du corps est une épreuve considérable et je l'appréhende autant que tout le monde", exposait-elle à l'AFP.

Article original publié sur BFMTV.com