Françoise Hardy était pour la « légalisation de l’euthanasie », pour les autres et pour elle-même

Le fils de Françoise Hardy, Thomas Dutronc, a annoncé son décès le mardi 11 juin.
Gamma-Rapho via Getty Images Le fils de Françoise Hardy, Thomas Dutronc, a annoncé son décès le mardi 11 juin.

FIN DE VIE - « Partir le plus tôt et le plus vite possible. » C’était le souhait de Françoise Hardy, décédée mardi 11 juin à l’âge de 80 ans. Atteinte d’un cancer, la chanteuse et icône de la musique s’était adressée en décembre 2023 à Emmanuel Macron dans une lettre où elle réclamait « la légalisation de l’euthanasie ».

Mort de Françoise Hardy : ces chansons cultes ont forcément traversé votre vie

« Nous comptons tous sur votre empathie et espérons que vous allez permettre aux Français très malades et sans espoir d’aller mieux de faire arrêter leur souffrance quand ils savent qu’il n’y a plus aucun soulagement possible », demandait-elle alors au chef de l’État, alors que le projet de loi sur la fin de vie n’était pas encore arrivé à l’Assemblée nationale.

Dans son courrier, elle raconte comment sa mère, atteinte de la maladie de Charcot – une maladie neurodégénérative grave qui se traduit par une paralysie progressive des muscles – à un certain stade de la maladie où elle ne pouvait plus utiliser ses bras, avait « voulu en finir ». Et comment, avec l’aide de deux médecins « courageux », elle avait « été euthanasiée le jour de son choix » en 1991.

« Elle a fixé la date et [le médecin] lui a fait prendre chaque soir des sept jours précédents un médicament calmant. Ma mère a donc été euthanasiée le jour de son choix, et j’ai été complice du médecin hospitalier pour la déclaration de décès au médecin légiste de la mairie. C’est grâce à deux médecins compréhensifs et courageux que ma mère n’a pas dû aller au bout d’une maladie incurable et insupportable », écrit-elle.

« La mort n’est que celle du corps »

Françoise Hardy souffre alors depuis 2004 d’un cancer du système lymphatique et d’un cancer du pharynx, et la maladie rend son quotidien éprouvant. Elle ne s’alimente plus par manque de salive, peine à respirer et a perdu l’équilibre, la mémoire et la vue, après plus d’une cinquantaine de radiothérapies. Sa hantise est de mourir étouffée.

Dans Paris-Match, également en décembre 2023, à la question « Que peut-on vous souhaiter ? », Françoise Hardy répond : « Partir bientôt et de façon rapide, sans de trop grosses épreuves, comme l’impossibilité de respirer. » Elle décrit sa vie comme « un cauchemar » où elle ne peut plus marcher, lire, ni même regarder la télévision. Elle évoque aussi son mental « détruit par la maladie » et ne souhaite qu’une seule chose : « Partir dans l’autre dimension le plus tôt, le plus vite et le moins douloureusement possible. »

Tout au long de sa vie, Françoise Hardy a pris position en faveur de l’euthanasie. Pour cette férue d’astrologie, parler de la mort n’était pas tabou. « La mort n’est que celle du corps, lequel est d’essence matérielle. En mourant, le corps libère l’âme qui est d’essence spirituelle. Mais il n’en reste pas moins que la mort du corps est une épreuve considérable et je l’appréhende autant que tout le monde », exposait-elle ainsi à l’AFP.

C’est son fils Thomas Dutronc qui a annoncé sa mort mardi 11 juin, par ces simples mots sur les réseaux sociaux : « Maman est partie. »

À voir également sur Le HuffPost :

Législatives 2024 : Plan Procu, le « site de rencontres démocratiques » qui veut rendre la procuration sexy

Dissolution de l’Assemblée : pour le projet de loi sur la fin de vie, un retour à la case départ s’annonce