François de Rugy, ancien président de l'Assemblée nationale : « Vices et vertus du nouveau Parlement »

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Voici sa tribune : « Au vu du résultat des élections législatives de juin dernier, on pouvait craindre que la nouvelle Assemblée nationale ne plonge dans une instabilité digne de la IVe République. Après un mois et demi de fonctionnement, certains dénoncent le chaos, tandis que d’autres célèbrent l’Assemblée comme le principal lieu de pouvoir où tout se déciderait. Une Assemblée sans majorité absolue, cela perturbe d’abord beaucoup les habitudes de la vie politique française. La majorité absolue, c’était une forme de confort : pour le gouvernement qui faisait passer assez facilement ses mesures comme pour les oppositions qui pouvaient s’opposer sans jamais assumer devant les Français les décisions difficiles. La culture politique française, qui favorise l’affrontement plutôt que le compromis, y trouvait son compte. Une première leçon s’impose : les institutions de la Ve République tiennent. Comme si c’était la Constitution qui s’adaptait à cette situation inédite plus encore que les responsables politiques eux-mêmes ! L’élection de la nouvelle présidente de l’Assemblée nationale a été acquise dès le deuxième tour de scrutin. La mise en place du bureau de l’Assemblée comme des présidences de commission se sont également déroulées normalement, sans crise ni blocage.

La gauche a bien tenté de dénoncer une prétendue collusion des trois groupes de la majorité relative avec le Rassemblement national : la vérité est que l’élection de deux vice-présidents RN n’est que l’application...


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