François Hollande, l'obsession du retour

L’ancien président prend son temps, mais pense n'avoir pas fait son temps. A demi-mot, il prépare sans répit sa reconquête du pouvoir. 

Son chauffeur l’attend discrètement gare Montparnasse, à la descente du TGV. Ce jeudi 23 janvier, François Hollande rentre du Mans, où il a fait un saut pour épauler le maire, son vieux camarade socialiste Stéphane Le Foll, qui enterrait son père. Le voilà, tout replet dans son pardessus, teint de rose, yeux taquins. Il s’assied sur la banquette arrière, pousse les journaux, ouvre le carton préparé par sa cheffe de cabinet. Les croque-monsieur tièdes lui plaisent. Sourire rassasié : « Où va-t-on maintenant ? » Direction Noisy- le-Sec, Seine-Saint-Denis, pour visiter le lycée professionnel Théodore-Monod. A l’approche de l’établissement, les gyrophares s’éteignent.

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Hollande sort, ravi, devant la foule. Les élèves se sont faits beaux, tresses afro, mèches gominées, visages de toutes les couleurs, regards curieux, portables en lévitation. En classe, le silence s’installe. « Je ne vous impressionne pas, j’espère ? » lance l’ancien chef de l’Etat avant de faire un petit discours sur le « vivre-ensemble » et de répondre aux questions. « Pourquoi j’ai voulu devenir président ? Je n’étais pas assez bon pour devenir footballeur... » Succès assuré. Il dribble avec les mots, doux, drôle, pédago : l’écologie, les attentats, l’Europe, les gilets jaunes, la laïcité, Marine Le Pen... « Oui, elle peut arriver au pouvoir. Regardez le monde, d’une certaine manière Trump aussi est un président d’extrême droite... » Ultime leçon sous les applaudissements: «Engagez- vous. Aimez la France.» Il a du mal à partir. Chacun a droit à un mot gentil, un autographe, un selfie. «Vous n’auriez pas envie de vous représenter ? »(...)


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