François Gemenne Chercheur en sciences politiques

Libération.fr


Gauche et droite dans un paradigme de l’immobilité

Dans quel état se trouve aujourd’hui la démocratie française pour que la prétention d’être le «meilleur rempart» face au FN soit un axe programmatique essentiel de plusieurs candidats, et le déterminant du vote de si nombreux électeurs ? La plus grande victoire de Marine Le Pen, au fond, c’est peut-être d’avoir tant abîmé la démocratie que de nombreux citoyens préfèrent aujourd’hui voter contre elle, plutôt que pour le candidat de leur choix. Tant que l’on votera «contre» plutôt que «pour», ce sera forcément la promesse de lendemains qui déchantent. Qu’on me comprenne bien : il est évidemment légitime de s’inquiéter de l’ascension de Marine Le Pen à la présidence de la République, et je ne cherche pas à jeter l’opprobre sur le vote «utile». Mais il traduit la place de plus en plus centrale que le FN a réussi à occuper dans le débat public en France depuis trente ans, malgré une présence limitée au Parlement. En 1984, après que le FN a remporté 10 % des voix aux élections européennes, Laurent Fabius déclare benoîtement que le FN pose les bonnes questions, mais apporte de mauvaises réponses. A son insu, il vient de confier les clés du débat politique, sur bien des sujets, à l’extrême droite : c’est le FN qui pose les questions, à charge pour la gauche et la droite républicaines de fournir les réponses. Et c’est sans nul doute sur le sujet essentiel de l’asile et des migrations que le FN a le mieux réussi à imposer son cadre de pensée, à commencer par son vocabulaire. La fermeture des frontières semble aujourd’hui constituer le seul horizon des politiques migratoires. Gauche et droite se sont enfermées dans un paradigme de l’immobilité, où dans un monde idéal, les migrations n’existeraient pas. Celles-ci sont donc perçues comme une anomalie du monde, un problème à résoudre, voire une crise à gérer. Les politiques migratoires se sont transformées en politiques managériales de gestion des flux, où les migrants sont (...) Lire la suite sur Liberation.fr

«Face au FN, la gauche a choisi la solution de facilité»
Alexandre Delaigue Professeur d’économie
Signal d’alarme
Une femme d’affaires à la tête du Front national
Pierre Bacqué, maire du Vaudoué (Seine-et-Marne) «Nous nous sommes ridiculisés avec l’affaire Fillon» Paroles de parrains de campagne André Nogas, maire de Neufchâtel-sur-Aisne (Aisne) «De toute façon, elle ne peut pas gagner» Jean Grosse, maire de Saint-Jean-Kourtzerode (Moselle) «Ras-le-bol du réchauffé»

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