Le français a-t-il tué les langues régionales ?

Breton, wallon, corse, basque, occitan, alsacien, provençal, langues amérindiennes de Guyane ou créoles des départements d’Outre-mer… nombreuses sont les « langues de France » – autrement dit « les langues parlées en plus du français par un nombre significatif de citoyens », note le délégué général à la langue française Bernard Cerquiglini dans une étude consacrée à ces parlers qu’on appelait autrefois « langues régionales » (Les Langues de France, PUF, 2003). Précisons que ce sont toutes des langues à part entière, leurs variations ou « patois » étant qualifiées de « dialectes » par les linguistes. « Ainsi peut-on dire à propos du vannetais parlé au Morbihan qu’il s’agit d’un dialecte breton », indique le linguiste Michel Launey dans la même étude. Certes, mais le vannetais, comme le corse ou l’occitan, ne sont-ils pas en train de disparaître sous les coups redoublés d’une langue française devenue omniprésente et omnipotente ? Oui… et non. Explications.

« De l’absolutisme à la IIIe République en passant par les deux Empires, l’Etat français s’est bâti sur la suprématie du monolinguisme franco-français », nous apprend en effet le linguiste Pierre Escudé dans une monumentale Histoire sociale des langues de France (PUR 2013). Dès 1539, François Ier, dans son ordonnance de Villers-Cotterêts, éliminait le latin des actes de justice au profit du sacro-saint françoys (prononcé [franswè]). C’est en 1635 que Louis XIII créa l’Académie française, l’usage du « bon français » étant défendu (...)

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