Français incarcéré en Turquie: l'ambassadeur turc assure que les autorités n'ont pas d'"objection de principe" à son transfèrement

Jeanne Bulant
·3 min de lecture
L'ambassadeur turc en France sur notre antenne ce lundi. - BFMTV
L'ambassadeur turc en France sur notre antenne ce lundi. - BFMTV

"Les autorités turques n'ont aucune objection de principe concernant le transfèrement" de Fabien Azoulay, un Français condamné à 16 ans de prison par la justice turque pour détention de stupéfiants, a assuré l'ambassadeur de Turquie ce lundi soir au micro de BFMTV. Les proches et avocats du détenu "se disent inquiets pour sa sécurité et exigent son transfert en France.

"À ce stade, il n'y a aucun refus de la part de la Turquie, aucune raison de penser qu'il y aurait une difficulté, il faut juste laisser la procédure se terminer", a déclaré Ali Onaner lundi sur notre antenne, affirmant que "la demande de transfèrement avait été faite" et qu'elle suivait actuellement "son cours".

Lors d'un court voyage en 2017 à Istanbul pour réaliser des implants capillaires, Fabien Azoulay avait été arrêté pour avoir acheté sur Internet une fiole de GBL, un solvant utilisé comme stimulant. Le Francais, qui possède également la nationalité américaine, a été incarcéré puis jugé en février 2018 et reconnu coupable à l'issue d'une audience de 15 minutes, "d'importation de stupéfiants", selon ses avocats. Il a été condamné à 20 ans de réclusion, ramenée à 16 ans et 8 mois par le juge.

Des procédures qui peuvent prendre "jusqu'à 3 ans"

Sur BFMTV, l'ambassadeur turc a exprimé "ses difficultés à comprendre pourquoi les avocats ont choisi de présenter cette question comme s'il y avait un refus de la part de la Turquie". Une fois sa peine confirmée en appel, une demande de transfert en France avait été déposée en mai 2019 par ses avocats. Mais selon son avocate Me Carole-Olivia Montenot, deux ans plus tard, le 12 mars dernier, le Quai d'Orsay n'avait toujours pas reçu le dossier d'Ankara.

"Il faut savoir que ces demandes de transfèrement prennent jusqu'à trois ans pour que toutes les formalités soient accomplies en fonction des conventions internationales auxquelles adhèrent la France et la Turquie", s'est défendu l'ambassadeur Ali Onaner, comparant "les conditions de détention turques à celles des autres pays européens".

Fabien Azoulay dans "une situation de détresse absolue"

Des délais que "ne remettent pas du tout en cause" les proches de Fabien Azoulay, selon son ami David Benaym, interrogé sur BFMTV, qui regrette toutefois que "de nombreux mois aient été perdus" au lancement de la procédure, et que les "allers-retours entre les différentes chancelleries qui prennent du temps n'aient pas encore eu lieu". C'est pour ça que nous sommes inquiets et furieux".

David Benaym a cependant qualifié de "message d'espoir" les propos prononcés lundi soir par l'ambassadeur turc sur BFMTV, et il espère désormais que la procédure s'accélérera, car son ami se trouve selon lui dans "une situation de détresse absolue". Fabian Azoulay "a été torturé, brûlé, mais aussi transféré à 800 km d'Istanbul au sud de la mer Noire, un lieu complètement inaccessible pour sa famille et pour nous".

Interrogé par l'AFP, le ministère français des Affaires étrangères se dit "pleinement mobilisé sur la situation de Fabien Azoulay" et aussi "être en contacts réguliers avec les autorités turques pour s'enquérir de sa situation et de l'évolution de sa demande de transfèrement en France".

Article original publié sur BFMTV.com