Les Français boivent moins de vin et inquiètent les vignerons

La consommation de vin est en baisse continue en France depuis les années 1960. - Georges Gobet-AFP
La consommation de vin est en baisse continue en France depuis les années 1960. - Georges Gobet-AFP

La consommation de vin en France est en baisse continue depuis les années 1960, marquée par un changement des habitudes de consommation. Avec la multiplication des événements météorologiques extrêmes et des exportations irrégulières, les professionnels font part de leur inquiétudes.

Les Français boivent de moins en moins de vin. À tel point que la consommation de cet alcool a baissé de 70% en 60 ans, passant de 120 litres par an et par habitant en 1960 à 40 litres en 2020, selon des chiffres dévoilés par le Comité des vins à appellation d'origine il y a quelques semaines. Cette baisse va dans le sens de la diminution de 20% de la consommation de vin en France depuis 2000, communiquée en 2019.

"Si on doit reprendre un peu l'historique des vins de Bordeaux, en une quarantaine d'années, la consommation a été quasiment divisée par deux", détaille à BFMTV Régis Falxa, président des Vignerons indépendants de Gironde.

Changement d'habitude et aléas météorologiques

En France, les habitudes ont changé depuis les années 1960 et la bouteille de vin n'est plus un indispensable des repas dans de nombreux foyers français. Aujourd'hui, les Français consomment moins de vin mais les dépenses qui y sont consacrées ont tendance à augmenter. En dix ans, les dépenses annuelles consacrées au vin avaient ainsi augmenté de 24 euros selon des chiffres de la société d’études Kantar Worldpanel communiquées en 2019.

"On observe un regain d'intérêt et une envie claire de la part des clients de bien connaître et de bien comprendre ce qu'ils vont boire", témoigne Olivier Bonafé, caviste à la Cave Gavroche, à Paris.

"Nous on l'observe, on est un certain nombre de cavistes indépendants à Paris ou ailleurs à organiser des séances éducatives autour de la viticulture, du mieux consommer", explique le professionnel.

Mais la hausse des prix n'est pas liée qu'à une montée en gamme : les événements météorologiques extrêmes (gel, tempêtes, sécheresse, ...) peuvent avoir des conséquences destructrices sur les exploitations vinicoles.

"Lorsqu'un viticulteur perd la moitié de sa production, le prix de revient va augmenter d'autant et le ramener au prix de la bouteille et imposer des augmentations aux clients devient compliqué", explique Régis Falxa.

La filière représente aujourd'hui 600.000 emplois, dont au moins 100 000 seraient menacés dans les prochaines années selon le Comité national des interprofessions des vins.

Irrégularités sur les marchés chinois et américain

En parallèle, deux phénomènes relatifs aux exportations sont venus se superposer à cette baisse de la consommation en France. Côté chinois d'abord, le volume de vin consommé a baissé de près de moitié en cinq ans selon des informations du journal Le Monde, un changement de comportement des consommateurs qui se conjugue avec une taxe de 12% qui augmente le prix des bouteilles de vin français, déjà considérées comme des produits de luxe dans le pays. Côté américain, la taxe de 25% sur le vin français décidée en 2019 par Donald Trump (depuis abrogée par son successeur Joe Biden) a un temps freiné le marché.

La valeur des exportations de vins a ainsi baissé de plus de 11% en 2020, également en raison de la crise sanitaire, selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France avant un rebond de plus de 13% en 2021.

Article original publié sur BFMTV.com

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